Archives de June, 2010

Survol des tendances courantes en développement de public pour les arts

De retour de quelques jours de repos. Voici donc des nouveautés reliées au développement de public pour les arts. Les trois premiers articles portent sur comment rendre les arts plus accessibles au public. Le quatrième a trait à un sujet dont je vous ai déjà parlé, soit les motivations de donateurs qui appuient les arts : 

  • S’inspirant d’une nouvelle tradition britannique, un organisme new-yorkais installe des pianos dans des lieux publics et invite les passants à les jouer gratuitement ;
  • Des organismes artistiques britanniques utilisent des lieux publics inusités (entrepôts, gares, etc.) pour y présenter des spectacles au cours de l’été ; 
  • L’hôtel de ville de Philadelphie accueille une galerie d’art ;
  • Les experts américains en développement de public Wolf Brown dévoilent des études sur ce qui motivent les gens à verser des dons à des organismes artistiques. Dans le document qui a pour titre It’s not about you… It’s about them, on recommande aux organismes artistiques de s’intéresser d’abord aux valeurs et aux intérêts des personnes qu’ils sollicitent afin de les arrimer, s’il y a lieu, aux leurs. Les gens les plus susceptibles de donner entretiennent des rapports directs avec les artistes, sont des passionnés des arts, s’intéressent et se sentent interpellés par les thématiques proposées et adhèrent aux groupes ou aux communautés visés par les projets artistiques.  

Denis Bertrand

 

S’y prendre à l’avance pour planifier sa programmation et sa mise en marché

Le président du John F. Kennedy Centre for the Performing Arts, Michael M. Kaiser, (je vous ai déjà parlé de lui dans cet ancien article), recommande aux organismes artistiques de planifier leurs activités et leurs programmations bien à l’avance (4 à 5 ans) pour permettre à ces projets de prendre de l’ampleur. Selon lui, les initiatives conçues à court terme mènent à des événements de peu d’envergure. Sa recommandation s’étend aussi aux activités de mise en marché des organismes. Il les invite à mettre en valeur leurs atouts (ex., importance de l’oeuvre, participation d’artistes de renom, participation de l’organisme ou de la compagnie à une festival réputé, etc.) pour rehausser leur crédibilité auprès du public. M. Kaiser affirme que les organismes de petite taille ou de taille moyenne ont seulement besoin de joindre 100 à 200 personnes dans leurs communautés pour qu’elles aient un impact véritable sur leur visibilité et leurs activités. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis Bertrand

 

Qu’avez-vous fait cette semaine pour sensibiliser le public à vos activités ?

Diane Ragsdale, administratrice de programmes à la Andrew W. Mellon Foundation, une fondation publique new-yorkaise qui appuie les arts, invite les organismes artistiques à faire un geste par semaine pour permettre au public d’en apprendre davantage sur leur fonctionnement et leurs activités, préférablement dans un contexte amusant et favorable aux interactions sociales. 

Les idées les plus simples sont souvent les meilleures, affirme-t-elle. Il peut s’agir d’introduire les gens à la conception de décors. Les gens s’intéressent aux idées, aux concepts et aux thèmes associés à une oeuvre. 

Selon Mme Ragsdale, l’appréciation des arts par le public est liée au développement de rapports plus étroits entre les consommateurs, les organismes artistiques et les artistes. Il est important, selon elle, que les organismes s’ouvrent davantage au public pour stimuler sa participation. Prendre part à un événement artistique peut s’avérer une expérience désagréable si le public ne comprend pas ce qu’on lui présente.

Denis Bertrand

 

Diane Dufresne et son public

La chanteuse québécoise Diane Dufresne a des admiratrices et des admirateurs dévoués depuis de nombreuses années. Il est intéressant de noter qu’elle va en intégrer quelques-uns à son prochain spectacle pour la production d’un numéro de danse. Ce faisant, elle adhère à une tendance de plus en plus marquée de participation directe du public à des spectacles d’artistes professionnels.   

Denis Bertrand

 

“Cultiver son jardin”

Dans son ouvrage intitulé Arts Marketing Insights, l’experte américaine en développement de public, Joanne Scheff Bernstein, constate que l’assistance aux événements artistiques a baissé depuis les années 90. Pour contrer cette tendance, elle invite les organismes artistiques à “cultiver leur jardin” et à prendre les mesures nécessaires pour changer les choses sous leur contrôle qui peuvent leur permettre de joindre un public accru. Elle note que les adeptes des arts achètent de plus en plus de billets simples plutôt que des abonnements de saison parce qu’ils ont l’embarras du choix en matière de divertissement. Ils veulent assister aux activités qui les intéressent plutôt qu’à celles qu’on leur propose d’emblée. Elle recommande donc aux organismes artistiques de bien identifier leurs auditoires et de développer des programmes et les messages requis pour les joindre. Mme Scheff Bernstein ajoute qu’il faut adopter le point de vue du public afin de promouvoir l’assistance aux arts de la scène comme étant une expérience amusante et intéressante au lieu d’être une obligation quelconque. Je me rallie à son analyse et vous invite à lire son bouquin. Je vous rappelle que le Développement de l’auditoire pour les arts de 50 Carleton peut vous aider à identifier et à joindre vos marchés cibles.

Denis Bertrand

 

À propos de Twitter et des performances en direct

Tel que mentionné sur ce blogue, des nombreux organismes artistiques permettent maintenant aux spectatrices et aux spectateurs de partager leurs impressions d’un spectacle sur Twitter pendant que les performances sont en cours. Ces organismes sollicitent ainsi les impressions “à chaud” des personnes présentes pour mousser l’intérêt du public pour des représentations à venir. Un tel exercice a eu lieu la fin de semaine dernière à Montréal au Festival TransAmériques, lors de la présentation du spectacle Tragédies romaines. Le chroniqueur théâtre du journal Le Devoir, Michel Bélair, dénonce cette pratique dans sa plus récente chronique. Comme vous le verrez en lisant l’article, le spectacle comprenait certaines activités interactives entre le public et les artistes de la production, dont l’occasion d’exprimer des commentaires “à chaud” sur Twitter pendant le spectacle. M. Bélair, que j’aime bien, dénonce la nature des messages qui ont été diffusés de la sorte. Il n’a pas totalement tort, mais je crois qu’il n’a pas compris le but de l’exercice. Les messages rédigés par les spectateurs et les spectatrices s’adressaient aux personnes susceptibles de voir les Tragédies romaines à une date ultérieure et non à celles présentes dans la salle. Avec seulement 140 caractères à leur disposition, celles et ceux qui ont pris la peinde de rédiger un message jouaient le rôle de critiques enthousiates. Pour les producteurs du spectacle, cela suffit. Les analyses plus profondes viendront plus tard, une fois le spectacle terminé. 

Denis Bertrand