Archives de October, 2010

Comment séduire un public plus jeune

One of Britain?s leading composers has called for fellow classical musicians to adopt ?blasphemous? ideas such as amplifying the sound in order to avoid playing to empty concert halls.  Photo: PA.

Tous les diffuseurs de spectacles en Occident sont à la recherche de la recette magique qui leur permettra de renouveler leur public en attirant de plus jeunes spectateurs. Cette quête s’impose parce que diverses recherches québécoises, canadiennes et internationales indiquent que le public des arts de la scène vieillit et se renouvèle très peu. En Angleterre, des orchestres symphoniques ont consulté de jeunes adultes de 24 à 36 ans. C’est à partir des résultats de cette recherche qu’ils ont choisi de présenter certains de leurs concerts de façon informelle, de s’adresser au public pendant le spectacle, de permettre au public de manifester son approbation pendant qu’une oeuvre est en train d’être jouée (comme c’est le cas avec le jazz) et de vendre des billets à prix réduit qui couvrent le coût d’une bière. C’est en consultant les publics que vous visez que vous parviendrez à trouver des solutions aux obstacles qui les empêchent de prendre part à vos activités.       

Denis Bertrand

 

Comment soulever l’intérêt du public

la bohem cock tavern “La Bohème” dans un pub anglais. Photo : Simon Newman (Reuters).

Au même titre que l’Opéra de Montréal a offert avec succès des prestations inusitées au Marché Jean-Talon au cours de l’été, une compagnie britannique a choisi d’aller de l’avant avec l’interprétation d’airs d’opéra dans un pub. Ces approches ont pour but évidemment de mettre le public en contact avec des formes artistiques souvent jugées plus difficiles d’accès en se rendant dans les lieux que le public fréquente naturellement. Les barrières traditionnelles entre l’art, les artistes et le public finissent ainsi par tomber. 

Par ailleurs, un sociologue américain s’est penché sur le phénomène du “buzz” qui profte à certains films hollywoodiens. Son étude n’est pas encore complétée, mais il affirme que l’opinion d’autrui à l’égard d’un film a plus d’importance aux yeux du public que les campagnes promotionnelles des studios. Il suggère donc à ceux-ci d’inviter les spectateurs à répandre la bonne nouvelle à propos d’un film qu’ils apprécient par l’entremise des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.). Il propose aussi aux studios de faire appel aux émotions des gens. Il cite l’exemple d’Histoire de jouets 3 qui a bénéficié de la nostalgie des spectateurs pour les deux films précédents.  

Denis Bertrand

 

L’expérience du Metropolitain Opera au cinéma

 J’ai assisté la fin de semaine dernière à la retransmission en direct d’une représentation du spectacle Das Rheingold, de Wagner, mis en scène par Robert Lepage et présenté par le Metropolitan Opera de New York dans une salle de cinéma montréalaise. Première expérience pour moi à l’opéra et à une telle retransmission sur le grand écran. Même si l’événement avait lieu dans une salle de cinéma, l’expérience offerte au public différait de la routine habituelle de ce genre d’établissement. Par exemple, les spectateurs avaient accès à un programme pour la représentation. Avant le début du spectacle, le Met a diffusé un reportage sur le travail réalisé par Lepage et son équipe et nous a présenté une entrevue en direct avec un des principaux artistes de la production. Ce dernier nous a parlé de la camaraderie qui existe au sein de l’équipe de production et de la distrribution et des défis associés à la présentation de cet opéra de Wagner. Une porte-parole du Met a même encouragé les spectateurs à assister aux opéras présentés par les compagnies présentes près de chez eux. Puis, ce fut la présentation de Das Rheingold. Une fois la projection terminée, des préposés du cinéma étaient présents à la sortie de la salle pour remercier le public de s’être déplacé. Et moi qui m’attendait à une expérience “cinématographique” dépersonnalisée !

Denis Bertrand

 

Des stratégies pour les orchestres symphoniques qui s’appliquent aussi à d’autres disciplines artistiques

 En 2008, neuf orchestres symphoniques américains ont demandé à la firme Oliver Wyman de développer des stratégies qui leur permettraient de transformer des spectateurs occasionnels en adeptes fidèles. Voici ce que l’entreprise leur a recommandé :

  1. En plus d’assurer la satisfaction continue de leurs spectateurs récurrents, les orchestres doivent s’engager à desservir les personnes qui assistent pour la première fois à un concert.
  2. Les orchestres doivent offrir à ces nouveaux spectateurs une expérience complète pour faciliter leur retour : offrir un programme musical avec lequel ils risquent d’être familiers ; diffuser au préalable de l’information sur la musique et le concert ; occasionner des rencontres entre ces spectateurs et avec les artistes ; faciliter la tâche de ces nouveaux spectateurs lorsqu’ils achètent leurs billets, ont besoin d’un stationnement ou de trouver leurs sièges dans la salle de concert.  
  3. Les orchestres doivent préparer des offres qui permettront aux nouveaux spectateurs de revenir pour un ou deux autres concerts, sans qu’ils soient obligés de s’abonner à une saison entière. Des rabais sur les coûts des billets, une rencontre avec le chef d’orchestre, des breuvages gratuits sont autant de mesures incitatives qui peuvent être liées à ces offres spéciales.      

Même si ces recommandations s’adressent à des orchestres symphoniques, elles sont aussi pertinentes pour d’autres disciplines artistiques.

Je remercie Pierrette Sherwood de m’avoir parlé de cette initiative. 

Denis Bertrand

 

L’histoire d’un artiste discret qui a un disque à vendre

 L’auteur-compositeur-interprète Jérôme Minière se considère un artiste discret, mais pour la sortie de son nouvel album, Le vrai le faux, il a choisi de tendre la main au public et de lui offrir des capsules animées qui décrivent le processus qui a mené à la production de sa nouvelle oeuvre. Pour en savoir plus, cliquez ici, ici ou visitez son site Web.

Denis Bertrand

 

L’Opéra de Montréal et la médiation culturelle

 Le 11 septembre dernier, des artistes de l’Opéra de Montréal se sont mêlés aux marchands et clients du Marché Jean-Talon pour y interpréter quelques airs connus. Voilà un bel exemple de médiation culturelle, à savoir l’établissement de contacts directs entre artistes et public hors des sentiers battus. Pour visionner la vidéo de l’événement, cliquez ici. Ce n’est pas la premièere fois que l’Opéra agit de la sorte. Il offre aussi occasionnellement des prestations impromptues dans le Métro de Montréal et d’autres lieux publics. Ce genre d’activités lui a permis de joindre une grande variété de gens et d’accroître considérablement l’assistance à ses productions.   

Denis Bertrand