Archives de February, 2011

La quête de l’excellence artistique nuit-elle au développement de public ?

Le 28 février 2011

Dans une communication émise au mois d’avril 2010 (je viens tout juste de la découvrir), l’administratrice de programmes de l’Andrew W. Mellon Foundation (fondation américaine qui appuie les arts), Diane E. Ragsdale, affirme que la quête de l’excellence artistique serait responsable de la création d’obstacles à la participation du public aux arts. “Nous nous préoccupons d’abord des opinions de nos adeptes de longue date, des élites et des critiques au détriment d’autres points de vue”, dit-elle. Selon Ragsdale, les organismes artistiques doivent privilégier le développement de rapports avec le public au même titre que l’excellence artistique. Elle recommande aux organismes :

  • D’être moins mystérieux et de se dévoiler davantage au public en ayant recours au Web (“Pour un nombre important de personnes, si quelque chose n’est pas en ligne, elle n’existe pas.”) et en créant des programmes d’initiation aux arts.
  • D’inviter le public à s’exprimer au cours d’une performance, de lui ouvrir le processus créatif (en lui permettant d’assister à une répétition, par exemple) et de lui fournir les moyens pour qu’il partage ses opinions à propos de vos oeuvres et de votre organisme.
  • De faciliter des rencontres entre leurs clients ou leurs spectateurs pour tisser un réseau d’adeptes. 
  • De s’ajuster à l’évolution de la communauté qu’ils desservent, particulièrement en ce qui a trait à la diversité culturelle accrue qui caractérise plusieurs localités.  

Denis Bertrand

 

Un rapprochement entre les arts et les sports est-il possible ?

Le 25 février 2011

Un article publié récemment dans le quotidien torontois The Globe and Mail porte sur un rapprochement possible des milieux des arts et des sports professionnels autour de la construction de nouvelles infrastructures publiques à usages multiples (songez au nouvel amphithéâtre de Québec qui doit ramener une équipe de hockey professionnelle dans la Vieille Capitale et servir de vitrine aux arts et à la culture). Un professeur d’éducation physique à l’Université de Toronto, Bruce Kidd, affirme qu’il y a “beaucoup de gens qui vont au théâtre, à l’opéra et au ballet qui vont aussi à des événements sportifs.” Kelly Hill, de Hill Stratégies Recherche Inc., ajoute que “les arts engendrent un sentiment d’appartenance et de fierté au sein d’une communauté, au même titre que les sports.” Alors qu’en dites-vous ?  Un lieu de diffusion pourrait-il, par exemple, établir un partenariat promotionnel avec une équipe sportive locale ? Un organisme artistique pourrait-il appuyer une ou un athlète qui agirait ensuite à titre d’ambassadrice ou d’ambassadeur pour celui-ci auprès de ses pairs, de son entourage et du public ?  Y aurait-il d’autres options à explorer ? Ou les arts et les sports seront-ils d’éternels rivaux ? 

Denis Bertrand

 

Trois nouvelles études américaines sur la participation aux arts chez l’Oncle Sam

Le 24 février 2011

J’ai pris part aujourd’hui à une webinaire organisé par le National Endowment for the Arts, équivalent américain du Conseil des Arts du Canada. La formation était axée sur le contenu de trois nouvelles études sur la participation du public aux arts. La première d’entre elles porte sur l’impact du déclin de l’éducation artistique (en milieu scolaire) sur la baisse des assistances aux spectacles aux États-Unis. La seconde aborde la question de l’âge comme facteur de participation ou non aux arts. Enfin, la troisième parle des éléments qui peuvent influencer la participation du public à des activités et à des événements artistiques. Ces trois études offrent des conclusions complémentaires. En voici quelques-unes: 

  • L’éducation artistique a un impact important sur la consommation et l’assistance aux arts.
  • 60 % des gens qui ont été exposés aux arts en milieu scolaire sont plus susceptibles de prendre part à un événement artistique plus tard dans leur vie. Cette tendance se maintient auprès des personnes qui pratiquent un art à l’âge adulte.       
  • L’âge et le vieillissement ne sont pas des variables qui ont une influence sur l’assistance aux arts. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’une personne vieillit qu’elle devient automatiquement une adepte des arts.     
  • 75 % des Américians se livrent à des activités artistiques (ils jouent de la musique, prennent des cours, chantent dans une chorale, etc.). Seulement 34 % d’entre eux assistent à des performances artistiques professionnelles pour lesquelles ils doivent se procurer un billet. 
  • L’environnement artistique dans lequel la population évolue est affecté par trois facteurs : la technologie (ex., l’accès à des oeuvres et à des produits artistiques en ligne) ; la diversification (l’accès aux arts n’est plus limité aux salles de spectacles – voir la diffusion d’opéras et de pièces de théâtre au cinéma) ; l’accessibilité et la flexibilité (les gens ont accès à des informations et prennent des décisions plus rapidement, en fonction de leur style de vie).   
  • Les facteurs qui influencent la participation aux arts : le niveau d’habileté des artistes ; l’engagement d’une personne envers les arts ; la convergence entre les disciplines artistiques (ex., l’inclusion de la vidéo au théâtre) ; les lieux de présentation et le contexte social dans lequel se déroule les prestations (les endroits qui permettent et facilitent les interactions sociales sont particulièrement populaires auprès des jeunes adultes) ; le contrôle créatif qu’exerce le public sur l’expérience artistique (celui-ci n’est plus un simple spectateur, mais plutôt un interlocuteur privilégié).
  • Pour contrer la baisse de participation aux arts, les experts-conseils américians recommandent aux organismes artistiques de permettre au public d’être créatif (accéder à une formation artistique, interagir avec les artistes, etc.), de joindre celui-ci en intervenant à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des lieux voués aux arts et de réfléchir à l’usage qui est fait des infrastructures artistiques (sont-elles seulement des lieux de diffusion ou plutôt d’interaction, d’initiation, de découvertes ?). 

Bonne lecture !

Denis Bertrand

 

Données sur l’assistance aux arts au Canada et aux États-Unis

Le 23 février 2011

Bon, me voici de retour après quelques journées d’absence marquées par des problèmes techniques qui m’empêchaient d’accéder à mon blogue. Donc, problèmes résolus. Mais j’ai du temps à rattraper ! 

Commençons d’abord par la plus récente édition du bulletin Recherches sur les arts de Hill Stratégies Recherche Inc. On y découvre les résultats d’études canadiennes et américaines qui portent principalement sur l’assistance aux arts. Voici quelques faits saillants :

  • Au Canada, les revenus provenant de la vente de billets au guichet sont presque deux fois plus élevés que ceux provenant de la vente d’abonnements. Cela confirme une tendance qui a été notée ailleurs à l’effet que les gens s’abonnent de moins en moins et préfèrent se procurer des billets pour des performances en particulier.
  • Une étude torontoise menée auprès d’adeptes de la danse, du théatre, de la musique et de l’opéra révèle qu’une majorité de spectateurs (environ 75 %) aime se préparer à assister à un événement artistique. Pour ce faire, ces personnes consultent principalement l’Internet. Elles apprécient également de courtes introductions de la scène pendant les représentations (interactions entre les artistes et le public).

Denis Bertrand

 

Dépenses du public consacrées aux arts : des données ambivalentes

Le 9 février 2011

La firme de recherche Hill Stratégies a émis aujourd’hui un bulletin portant sur les dépenses des foyers canadiens pour les arts de la scène en 2008. Les données proviennent d’une étude de Statistique Canada. À première vue, il y a de quoi se réjouir : l’étude révèle que les dépenses consacrées aux arts de la scène ont augmenté de 2001 à 2008 de l’ordre de 49 %. Mais Hill Stratégies émet quelques réserves. La firme note qu’une partie de cette augmentation pourrait être attribuble à des augmentations du coût des billets survenues pendant cette période. Elle souligne aussi que le nombre de ménages qui disent dépenser des sommes pour assister aux arts de la scène est sensiblement le même en 2008 (37 %) qu’en 2001 (36 %), ce qui confirme des données d’autres sources qui parlent d’un plafonnement des auditoires au Canada.     

Denis Bertrand

 

Facebook ou Twitter ?

Le 8 février 2011

La gourou québécoise des médias sociaux, Michelle Blanc (photo), compare l’efficacité de Twitter et de Facebook comme outils de marketing. Cliquez ici pour accéder à son billet. Vos commentaires sont les bienvenus !

Denis Bertrand

 

Reconnaître autrui pour être mieux reconnu soi-même

Le 8 février 2011

Les organismes artistiques et culturels sont toujours à la recherche de moyens pour capter l’attention des médias traditionnels pour leurs activités, produits et programmations. Ce n’est pas facile. Il y a souvent plusieurs organismes actifs dans une variété de milieux, y compris en arts et culture, et de personnalités qui tentent de faire de même. Il est de plus en plus difficile pour les médias, avec leurs moyens limités, de tout couvrir. Comment se démarquer dans ces circonstances ? 

Pourquoi ne pas créer votre propre prix de reconnaissance annuel pour saluer le travail ou la contribution d’une ou d’un artiste ou d’une personne à l’avancement de votre discipline ou de votre milieu artistique ou culturel ? Parmi les avantages associés à une telle initiative, notons les suivants : 

  • Le public et les médias y percevront un retour d’ascenseur de votrre part. Ainsi, au lieu de sollicter leur appui et leur reconnaissance envers votre travail, vous rendrez hommage plutôt à une personne méritoire en reconnaissance de son apport.  
  • Une remise publique du prix vous permettra d’y convier vos adeptes, les médias et l’entourage de votre lauréat ou de votre lauréate, vous permettant ainsi de diffuser une bonne nouvelle et de joindre de nouveaux adeptes potentiels.
  • La remise d’un prix peut être commanditée. Ce commanditaire et son réseau risquent aussi de devenir de nouveaux adeptes de votre organisme ou de votre compagnie.

À vous de définir la nature du prix que vous voulez octroyer. Le recours à un comité ou à un jury pourrait vous permettre de sollicter la participation de personnes qui sont plus ou moins près de vous. Accordez beaucoup de visibilité à votre prix et à sa remise (ayez recours aux médias sociaux), inscrivez-le au nombre de vos outils de développement de public et assurez-en la remise annuellement.

Denis Bertrand

 

Les gens vous “aiment”-ils sur Facebook ?

Le 7 février 2011

Une étude produite aux États-Unis et en Grande-Bretagne révèle que les adeptes du média social Facebook cliquent sur la fonction J’aime au moins cinq fois par semaine. S’agit-il là de gestes aléatoires ou de prises de position révélatrices de préférences réelles ? Selon un analyste de la firme d’études de marché Ipsos, les entreprises (et par conséquent les organismes artistiques et culturels) peuvent se servir de ces marques d’affection pour définir le profil de leur clientèle “branchée” courante (et potentielle) afin de développer des stratégies de mise en marché pour  joindre et cultiver ces publics. 

Qu’en dites-vous ? Prenez-vous la peine de découvrir qui sont ces gens qui vous aiment ? Si oui, sont-ils représentatifs de vos spectateurs ou de vos consommateurs ? Y découvrez-vous des surprises, de “nouveaux venus” dont vous devriez tenir compte au moment de promouvoir vos activités ou vos produits ?

Denis Bertrand

 

Un nouveau regard sur les industries de la culture et des communications au Québec

Le 4 février 2011

La plus récente édition de Perspective, la revue d’analyse économique du Mouvement Desjardins, porte sur les industries de la culture et des communications au Québec. On y découvre, entre autres, que leur impact économique s’apparente à ceux de l’industrie de la construction et du transport d’électricité dans la province. L’auteure de l’article, Joëlle Noreau, note une hausse de l’offre de produits artistiques et culturels entre 2005 et 2009, période pendant laquelle les consommateurs étaient aux prises avec des hausses du coût de la vie. Ceux-ci sont donc confrontés à des choix en matière de dépenses discrétionnaires (ce qu’ils sont en mesure d’investir dans les arts et la culture par rapport à d’autres dépenses quotidiennes). Pour en savoir plus, cliquez ici.  

Ces constats, parmi d’autres, confirment que pour réussir et accéder aux revenus disponibles des consommateurs, les organismes artistiques et culturels doivent se démarquer et s’engager dans le développement de public. Il ne suffit plus d’offrir son produit, il faut aussi le vendre

Denis Bertrand

 

Les arts visuels et Google : pour vous mettre en appétit

Le 3 février 2011 (mises à jour : les 4 et 7 février 2011)

Rien ne vaut une visite au musée ou à une galerie d’art, mais l’Internet peut vous donner un avant-goût de ce qui vous y attend. Pour en savoir plus, cliquez ici. Illustration : Le repas chez Simon le Pharisien, de Paolo Véronèse (1576).

Voici d’autres liens portant sur les musées et l’Internet : sur cyberpresse.caGoogle Art Project et 20minutes.fr.

Denis Bertrand