Archives de April, 2011

Méfiez-vous de la “bulle”

Le 28 avril 2011

Lorsque des artistes se réunissent pour créer un spectacle, souvent sur une période de plusieurs mois ou de pluiseurs semaines, ils ont l’occasion de se familiariser et d’analyser l’oeuvre ou la performance sur laquelle ils travaillent sous toutes ses coutures. Ils savent ce qu’ils font et pourquoi. Leurs choix artistiques sont clairs. Il en va de même pour les diffuseurs et les producteurs. Les diffuseurs prennent part à des salons professionnels (ex., RIDEAU, événements Contacts) pour voir des extraits de spectacles, côtoyer des artistes et leurs agents et ainsi programmer leurs saisons. Ce faisant, ils accèdent à des informations privilégiées qui guident leurs choix. À leur tour, les producteurs sélectionnent les artistes avec lesquels ils veulent travailler et les accompagnent tout au long du processus de création. Ce genre d’environnement est tout à fait normal. Mais pour les artistes, les diffuseurs et les producteurs intéressés au développement de public, il faut inviter le public à pénétrer dans cette “bulle” artistique pour qu’il puisse en apprendre davantage sur les projets qu’on s’apprête à lui proposer. En effet, il arrive parfois qu’un spectacle ou qu’une oeuvre soit présentée “à froid” au public et que ce dernier n’en saisisse pas toutes les subtilités, faute de familiarité avec le raisonnement artistique qui le sous-tend, ce qui entraîne un manque de compréhension entre les artistes et les personnes présentes. L’expérience de tous est ainsi gâchée. Il y a moyen d’éviter ces situations si le public a l’occasion de suivre les artistes, les diffuseurs et les producteurs au cours de leur cheminement artistique. Donc, n’hésitez à lever le voile sur votre programmation, votre oeuvre ou votre spectacle à venir (ne parlez que des éléments ou des événements confirmés !) lors de conférénces ou de rencontres qui se prêtent aux confidences (vous pouvez en organiser) ou à l’aide des médias sociaux. Vos adeptes et les personnes susceptibles de s’intéresser à votre travail vous en seront reconnaissants. En retour, c’est avec joie qu’ils parleront de vous dans leur entourage.       

Denis Bertrand

 

L’arme secrète des diffuseurs et des producteurs : la passion

Le 27 avril 2011

Au même titre que les artistes font appel aux émotions du public lorsqu’ils sont sur scène, dans les pages de leurs bouquins ou avec les images et les couleurs qu’ils apposent sur leurs toiles, les diffuseurs et les producteurs doivent en faire autant lorsqu’il est question de joindre et de convaincre les consommateurs d’acheter des billets pour assister à une performance ou pour se procurer un produit durable (livre, CD, sculpture, etc.).

Cette émotion doit d’abord provenir des diffuseurs et des producteurs eux-mêmes. Si vous travaillez dans le domaine des arts et de la culture, c’est sans doute parce que vous vous y intéressez tout particulièrement. Les travailleuses et les travailleurs culturels que je croise régulièrement sont passionnés par leur métier et par le milieu dans lequel ils oeuvrent. Ce sont des partisans des artistes qu’ils rencontrent et avec lesquels ils travaillent. Ce sont eux-mêmes de grands consommateurs d’art et de culture. 

Je vous invite donc à partager cette passion qui vous anime avec les personnes dans votre entourage, lorsque vous faites des présentations publiques ou rencontrez des gens sur la rue ou lors d’événements mondains, avec vos amis Facebook ou vos correspondants Twitter, sur votre blogue, etc. Profitez de toutes les plateformes à votre disposition pour passer le mot à propos de vos activités et de vos produits. Parlez-en chaleureusement. Dites ce qui vous plaît tout particulièrement d’une oeuvre, des qualités que vous admirez chez une ou un artiste. Partagez vos coups de coeur. Ce faisant, vous souleverz l’intérêt de vos interlocutrices et de vos interlocuteurs. Ils se reconnaîtront en vous, dans vos préférences, vos choix et vos offres.       

Après tout, il n’y a rien de plus persuasif qu’une personne passionnée.       

Denis Bertrand

 

Twitter : plus qu’un fil de nouvelles

Le 26 avril 2011

Voici un article intéressant sur l’emploi que font des artistes de la chanson de Twitter. Même si aux yeux de plusieurs Twitter est surtout un fil de nouvelles, il est possible également de l’utiliser pour tisser des liens plus étroits entre les artistes et le public. Les approches mentionnées dans l’article sont valables aussi pour d’autres disciplines artistiques.

Denis Bertrand

 

Une solution de rechange au coût élevé de l’abonnement annuel : l’abonnenment mensuel

Le 21 avril 2011

Pour les diffuseurs de spectacles d’arts de la scène, la vente d’abonnements annuels est devenu un défi au cours des dernières années. En effet, les ventes d’abonnements de saison sont à la baisse un peu partout en Amérique du Nord. Une compagnie de théâtre de Seattle (É-U), A Contemporary Theatre (ACT), croit avoir trouvé une solution à ce problème. Tout en gardant en place son abonnement annuel régulier (300 $), elle offre au public l’ACTPass. Il s’agit d’un abonnement mensuel de 25 $, étalé sur la saison (donc, les utilisateurs de l’ACTPass paient pour un abonnement annuel sur une base mensuelle). Les détenteurs de l’ACTPass (il s’agit d’une carte de plastique, similaire à une carte de crédit) peuvent assister aux spectacles qui les intétessent autant de fois qu’ils le désirent, selon la disponibilité des places. Il leur suffit de présenter leur carte pour entrer. Les personnes intéressées doivent d’abord adhérer à l’ACTPass pour une période de trois mois. Outre la liberté de voir ce qu’elles veulent lorsqu’elles veulent, l’ACTPass leur donne aussi le droit d’inviter des amis qui bénéficient d’un rabais de 50 % sur le coût des billets, de changer la date de leur réservation sans frais et d’accéder à d’autres avantages (ex., breuvages à prix réduits). Cette approche a permis à l’ACT de joindre un public plus jeune, friand de sa liberté de mouvement. Je remercie mon collègue Jerry Yoshitomi pour ce tuyau.     

Une autre approche à considérer serait la suivante, en cette époque de lancements de saisons pour un bon nombre de compagnies de théâtre et de diffuseurs : invitez les personnes intéressées à s’abonner à faire des versements mensuels jusqu’à la tenue du premier spectacle de la nouvelle saison, soit du printemps jusqu’à l’automne. Elles apprécieront votre flexibilité (et leurs portefeuilles aussi).

Denis Bertrand

 

Lancements de saison pour les abonnés au Théâtre du Rideau Vert

Le 20 avril 2010

J’ai assisté lundi soir (le 18 avril 2011) à un des deux lancements de saison 2011-2012 du Théâtre du Rideau Vert (TRV) destinés à ses abonnés. Sachez que cette compagnie a eu recours à mes services et à ceux de mon collègue Robert Gagné pour la préparation d’une stratégie de développement de public. Cela étant dit, je me permets de partager avec vous le déroulement de l’événement : 

  • Les abonnés ont eu droit au tapis rouge à leur arrivée au TRV, à 15 h et à 18 h. 
  • Un préposé accueillait les gens à leur arrivée et leur décrivait le déroulement du lancement. Il leur remettait également un billet de tirage pour courir la chance de gagner un abonnement de saison.
  • Les personnes présentes ont pu se faire photographier avec la directrice artistique de la compagnie, Mme Denise Filiatrault (photo). Les photos ont été affichées sur la page Facebook du TRV.
  • Les gens pouvaient ensuite se prêter à une entrevue vidéo pour raconter une anecdote théâtrale ou visiter les coulisses du théâtre. 
  • Mme Filiatrault a présenté la saison à venir du Théâtre du Rideau Vert en compagnie des artistes qui y prendront part. 
  • Le public a été invité ensuite à siroter un vere, à déguster de petites bouchées et à échanger avec les artistes.
  • Les personnes intéressées pouvaient s’abonner ou se réabonner sur place à un kiosque aménagé pour les circonstances.

En tendant l’oreille, j’ai compris que les responsables de la compagnie et les abonnés appréciaient l’expérience. Mes félicitations au Théâtre du Rideau Vert pour un événement bien réussi !

Denis Bertrand

 

Les artistes et les médias sociaux : fardeau ou occasion ?

Le 16 avril 2011

L’auteure écossaise Sara Sheridan (photo) s’est prononcée récemment sur l’utlité des médiax sociaux pour une artiste comme elle.

Lors d’un voyage à Londres, une personne attitrée au marketing numérique chez mon éditeur m’a dit que je devrais essayer Twitter. Ça m’a boulversée. Ça ne m’intéressait pas. Du tout. Mais je m’y suis mise, non sans hésitation, et je me suis surprise à y prendre plaisir. Les auteurs ont peu d’occasions pour rencontrer leurs lecteurs et lorsqu’elles se présentent, elles sont de courte durée (lors d’un salon du livre ou d’un événement en librairie, par exemple). Les gens qui ont lu mes livres m’ont suivie sur Twitter et j’ai pu me familiariser avec leurs autres lectures, les raisons pourquoi ils aiment ce que j’écris et, en passant, j’ai appris à mieux les connaître, au-delà des deux minutes qu’on a lorsqu’on est assise au bureau de dédicaces d’un kiosque. C’est fascinant.

Puis, j’ai suivi et j’ai été suivie par des bibliothécaires, des archivistes, des enseignants, des organisateurs d’événements, des auteurs, des librairies, des agents et des éditeurs. Un nouveau réseau s’ouvrait à moi. 

Depuis son initiation à Twitter, Mme Sheridan a étendu sa présence sur les médias sociaux à Facebook et elle anime son propre blogue. S’il y en a parmi vous qui utilisez les médias sociaux pour garder le contact avec vos clients ou vos adeptes, pour promouvoir votre travail ou vos oeuvres, j’aimerais connaître votre histoire. Si vous connaissez des artistes qui agissent de la sorte, passez-leur le mot. Il vous suffit de me laisser un commentaire ou de m’écrire à denis@dbertrand.com. Je vous en remercie à l’avance !

Denis Bertrand

 

Twitter et les spectacles en direct

Le 13 avril 2011

Le recours aux médias sociaux – et plus particulièrement à Twitter – pour promouvoir des spectacles ou des événements artistiques en direct s’accentue. En voici deux exemples :

  • Lors d’un concert récent de musique classique au Royal Festival Hall de Londres (Angleterre), un ténor a eu un malaise sur scène et a quitté la performance en cours. L’orchestre et les autres interprètes ont été obligés de s’ajuster aux circonstances. Avant même que le concert ne soit terminé, la nouvelle avait été retransmise sur Twitter par les spectatrices et les spectateurs. Heureusement, le ténor s’est remis de son malaise.   
  • Le SF Playhouse de San Francisco a créé un programme en vertu duquel un nombre limité de personnes peuvent émettre des commentaires sur un spectacle en cours à l’aide de Twitter. Selon le directeur artistique de cet établissement, cette approche “permet au public d’exprimer instantannément son point de vue sur les spectacles. L’expérience Twitter se vit au moment présent, tout comme une performance. Nous formons nos propres critiques. C’est une association parfaite.” Les personnes intéressées à participer au programme doivent s’y inscrire et respecter certaines règles. Malgré les craintes initiales de membres “réguliers” du public, les adhérents au programme sont si discrets qu’ils ne nuisent pas à l’expérience artistique de leurs voisins. 

Denis Bertrand

 

Créer une promotion bouche à oreille à l’ère des médias sociaux

Le 11 avril 2011 – Mise à jour le 18 avril 2011 

Tous les organismes artistiques comptent sur la promotion bouche à oreille pour vendre leurs produits ou attirer le public à leurs événements. Mais comment y parvenir à l’ère des médias sociaux ? Des éditeurs ont accepté de partager leurs secrets en la matière, approches qui sont valables aussi pour d’autres disciplines artistiques : 

  • Demandez à un groupe d’adeptes de lire l’ouvrage que vous voulez promouvoir et recueillez leurs impressions lors de courtes entrevues vidéo (sous forme d’un vox pop), pour diffusion sur YouTube (ou un service équivalent).
  • Créez une communauté d’adeptes autour d’une auteure, d’un auteur, d’un ouvrage, d’un genre. Établissez un dialogue avec ces personnes. Les médias sociaux se prêtent bien à la création et à l’animation de telles communautés, de même que des rencontres en direct entre ces adeptes et vous (ex., clubs du livre), entre ces adeptes et l’auteure ou l’auteur.  
  • Demandez aux adeptes de lire l’ouvrage dans des lieux publics (ex., dans une librairie), lorsqu’ils utilisent les transports en commun, etc. 
  • Demandez aux auteures et aux auteurs d’agir à titre de conférencières ou de conférenciers invités auprès de regroupements professionnels.
  • Songez à des lectures publiques des ouvrages. Ces lectures à voix haute peuvent être faites par les auteures, les auteurs ou les adeptes eux-mêmes.      

À noter : les Éditions Prise de parole de Sudbury (ON) organisent un événement qui s’inscrit très bien dans la démarche décrite ci-dessus. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis Bertrand

 

Étude intéressante à l’horizon

 

Le 8 avril 2011 – Mise à jour : le 9 mai 2011

L’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA) entreprendra ce printemps une enquête sur l’importance et l’incidence de la diffusion des arts vivants au Canada. Cette recherche comprend un volet qui porte sur la nature de la relation entre le diffuseur et sa collectivité, de même que sur le rôle sociétal du diffuseur. Je suivrai l’évolution de cette étude de près et vous en reparlerai en temps et lieu. À ce propos, voici la plus récente communication de CAPACOA.

Denis Bertrand

 

Tendances courantes dans le domaine du développement de public pour les arts

Le 7 avril 2011

Je viens d’offrir des ateliers portant sur le développement de public à des réseaux de diffusion des arts de la scène au Québec et en Colombie-Britannique. J’ai profité de ces occasions pour énumérer ce qui semble être les tendances courantes en la matière. Je m’empresse de les partager avec vous tous. 

  1. Les adeptes des arts ne veulent pas être considérés comme de simples consommateurs (des gens qui achètent un billet ou un produit artistique et dont on ne se soucie pas par la suite). Ils veulent être traités comme des interlocuteurs privilégiés. Ils veulent donner un sens à l’expérience artistique qu’on leur propose en interagissant entre eux, avec les artistes, les diffuseurs et les producteurs. “L’expérience artistique” est le fruit de la rencontre entre le public, les artistes et les gens qui travaillent dans le domaine des arts et de la culture. Elle est le résultat de l’énergie et de la créativité déployées par les artistes, d’une part, et de l’intérêt et de la réceptivité manifestées par le public, d’autre part. 
  2. La participation aux arts s’étend au-delà de l’assistance à une performance, d’une viste à une galerie d’art ou de la lecture d’un roman. De nos jours, le concept de la participation aux arts comprend aussi la pratique d’un art (ex. : chanter dans une chorale, prendre des cours d’art, rédiger de la poésie soi-même, etc.). Cette façon de voir les choses intéresse de plus en plus les conseils des arts et leurs équivalents. Cela s’explique par le fait que ces instances veulent démontrer que les arts ne sont pas l’apanage d’une élite, mais qu’ils font partie du quotidien d’un grand nombre de citoyennes et de citoyens. Y aura-t-il à un moment donné un mouvement pour rapprocher davantage les arts professionnels des arts amateurs ? 
  3. La présentation de spectacles hors des lieux traditionnels de diffusion a la cote. Certains spectacles sont maintenant présentés à des endroits vers lesquels les gens convergent naturellement (bars, centres d’achats, parcs, etc.). Certaines personnes peuvent être intimidées par les lieux traditionnels faits de béton qui ont souvent peu de fenêtres. Ils peuvent être affublés d’une image élitiste malgré eux. C’est pourquoi un nombre croissant de prestations artistiques, intégrales ou partielles, sont présentées dans des lieux “populaires” avant de l’être dans les salles traditionnelles, question d’amadouer le public.  
  4. Vendre une expérience artistique plutôt qu’un spectacle ou un produit artistique. J’ai fait référence à cette tendance à quelques reprises au cours des derniers jours. Il s’agit de mettre en évidence d’abord les attraits d’un lieu, les interactions humaines (entre les membres du public, avec les artistes), les émotions et les découvertes que le public est appelé à vivre grâce au contenu d’un spectacle, d’une programmation, d’une oeuvre plutôt que de simplement parler des artistes à l’affiche.         

L’identification de ces tendances est subjective, bien entendu. On pourrait parler longuement du rôle des médias sociaux aussi. Mais je perçois ces derniers comme des outils en appui aux tendances énumérées ci-dessus. N’hésitez pas à m’indiquer si vous êtes d’accord ou non avec ces orientations !

Denis Bertrand