Archives de May, 2011

Votre lieu de diffusion est-il accessible aux personnes handicapées ?

Le 30 mai 2011

Des statistiques récentes récentes sur les habitudes de dépenses des ménages canadiens pour les arts de la scène démontrent que les familles qui comptent une personne handicapée dépensent moins dans ce domaine (24 %) que celles qui n’ont aucune personne handicapée au foyer (39 %). Votre lieu de diffusion peut-il accueillir des personnes en fauteuil roulant ou qui ont des handicaps visuels ou auditifs ? Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis Bertrand

 

Sondage auprès des “amateurs” de théâtre

Le 27 mai 2011

Cyberpresse affiche un sondage portant sur la participation du public au Carrefour international de théâtre de Québec qui est présentement en cours. La blogueuse déplore le peu de gens qui ont manifesté un intérêt pour l’événement et le fait que le quart des répondants n’aiment pas le théâtre. Quelques réflexions me sont venues à l’esprit à la lecture du sondage et des commentaires qui l’accompagnent : 

  • À qui s’adresse le Carrefour ? À tous ou aux férus de théâtre ? Selon le contenu du site Web de l’événement, le Carrefour semble s’adresser aux deux groupes. Peut-être y aurait-il eu lieu d’adapter les informations destinées à ces groupes en fonction de leur niveau de familiarité avec le théâtre (les initiés d’une part, les amateurs occasionnels et les nouveaux venus d’autre part) et d’entreprendre des activités pour les joindre directement (par rapport à une promotion unique qui vise tout le monde) ? 
  • Le Carrefour fait appel aux médias sociaux, gère un blogue et propose même d’intéressantes activités interactives sous “Le coin des festivaliers”. Bravo ! Par contre, peu de gens semblent s’en prévaloir pour l’instant. La promotion de ces outils est-elle faite efficacement ?
  • On ne peut pas s’attendre à ce que tout le monde aime une discipline artistique en particulier. Par contre, les organismes artistiques ont le devoir d’initier et de séduire le public. Ils ne joindront jamais tout le monde, mais ils peuvent accroître leurs taux d’assistance en s’ouvrant davantage au public et en partageant leur quotidien avec lui.

Denis Bertrand

 

Le Théâtre Sans Fil compte sur le bouche-à-oreille pour joindre de nouveaux publics

Le 27 mai 2011

La plus récente édition du International Journal of Arts Management contient un texte intéressant sur le Théâtre Sans Fil (TSF), compagnie québécoise de marionnettes géantes. L’article porte sur les décisions qui ont mené à la création de la compagnie en 1971 et sur les défis inhérents à produire des spectacles pour adultes à partir d’une forme théâtrale associée à un jeune public. La question de la mise en marché des spectacles y est aussi abordée brièvement. Selon le directeur artistique et général du TSF, André Viens (photo), la compagnie compte sur une promotion bouche-à-oreille pour convaincre les adultes d’assister à ses performances. Le TSF peut compter sur ses supporters pour passer le mot dans leur entourage pour joindre de nouveaux adeptes.

Le bouche-à-oreille n’est pas toujours instantané. Les organismes et les entreprises artistiques doivent y travailler. Lancer une campagne efficace comprend habituellement les étapes suivantes : 

  • Racontez l’histoire de votre organisme ou de votre entreprise. Mettez l’accent sur sa dimension humaine, sur son apport à votre communauté, à la société, au milieu artistique. Étayez votre récit de commentaires que vous ont adressés vos spectateurs, vos lecteurs, vos visiteurs ou vos clients. Parlez des défis que vous avez relevés grâce à votre détermination et à l’aide du public et de vos partenaires. Insérez des anecdotes amusantes à votre propos (vos bons coups, les leçons apprises, etc.). Évitez les statistiques et les chiffres ou limitez-en l’utilisation en autant que possible.            
  • Faites preuve de transparence. Répondez candidement aux propos et aux questions qu’on vous adresse. Initiez le public à votre processus créatif. Créez des occasions de rencontres entre le public et vous. N’exagerez pas vos exploits. Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir. Ne mentez jamais. 
  • Obtenez des endossements de personnes bien en vue dans votre entourage.
  • Intégrez le récit de votre organisme ou de votre entreprise dans vos stratégies de mise en marché. Autrement dit, ne vous limitez pas à la promotion de vos activités. Créez des occasions et des circonstances pour parler de vous-mêmes.

Cette approche permet au public de s’identifier à votre organisme ou à votre entreprise. En retour, il est plus apte de souscrire à vos activités et de vous aider à les promouvoir. Pour en savoir plus sur la promotion bouche-à-oreille, consultez cet ouvrage

Denis Bertrand

 

Les arts, pour combattre le stress

Le 26 mai 2011

Une étude réalisée en Norvège démontre que la participation aux arts, à titre de consommateur/consommatrice ou de praticien/praticienne, permet de combattre le stress. Qu’il s’agisse de visiter un musée, d’assister à un concert ou de jouer d’un instrument, les gens qui s’adonnent à ces activités se disent plus heureux, peu importe leur statut socioéconomique. Pour en savoir plus, cliquez ici. Sachez qu’au Canada, la culture est un déterminant de la santé. Elle contribue à l’inclusion des individus dans la société et valorise leur apport. C’est aussi un outil de promotion d’une langue et de la culture qui l’accompagne. 

Denis Bertrand

 

À propos de la médiation culturelle

Le 25 mai 2011

La médiation culturelle est une composante du développement de public. Selon le Guide pratique de développement de public de l’Alliance des réseaux de diffusion des arts de la scène (ARDAS), la médiation culturelle “fait le pont entre le citoyen et l’offre culturelle professionnelle par l’entremise d’occasions de rencontres et d’échanges personnalisés”. Culture pour tous a lancé récemment un site Web voué à cette thématique. Il intéressera toute personne engagée ou intéressée à l’intégration des arts en milieu scolaire, au travail et dans sa communauté. Bonne découverte !  

Denis Bertrand

 

Du théâtre à domicile

Le 24 mai 2011

Une compagnie de théâtre britannique offre des spectacles à domicile. L’action se déroule dans la cuisine de ses hôtes. Les comédiens utilisent les appareils ménagers et la vaisselle qui sont sur place. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis Bertrand

 

Twitter, un “merveilleux outil de promotion et de relations publiques”

Le 24 mai 2011

Cyberpresse publie un article intéressant sur l’utilisation de Twitter pour promouvoir un produit ou un service.

Denis Bertrand

 

Pourquoi s’investir dans le développement de public

Le 24 mai 2011

Comme dans plusieurs pays occidentaux, le développement et l’offre de produits artistiques et culturels ne cessent de croître au Canada et au Québec. Par exemple, de nouvelles compagnies de théâtre et maisons d’édition voient le jour régulièrement. Ces nouveaux venus s’ajoutent aux entités déjà présentes sur le terrain qui se débattent chacune pour acquérir leur part du marché. S’ajoutent à cela des offrandes en provenance de l’étranger (livres, disques, films, etc.) auxquelles le public est exposé, la facilité de consommer certains produits artistiques à la maison grâce à l’Internet et les autres entreprises (ex., commerces au détail) et sources de divertissement (ex., bars, restaurants, parcs, etc.) qui cherchent toutes à mettre la main sur une part de vos revenus personnels en tant que consommatrices et consommateurs. Les gens ont donc l’embarras du choix lorsqu’il est question de dépenser.

La question du financement public des arts est aussi une préoccupation. Le Canada a élu récemment un gouvernement majoritaire conservateur qui s’est engagé à réduire la dette du pays. Les gouvernements conservateurs minoritaires qui l’ont précédé ne se sont pas avérés de grands amis des arts. Certaines provinces et territoires sont aux prises eux aussi avec des défis financiers importants. Même si ces gouvernements ne sabrent pas dans les programmes d’appui aux arts et à la culture, il y a fort à parier que leurs budgets n’augmenteront pas de façon substantielle. Comment pourront-ils accommoder alors tous les organismes artistiques qui sollicitent et qui méritent un octroi ? 

Le développement de public peut vous permettre de relever certains de ces défis : 

  • Il faut d’abord vous assurer de la loyauté de vos spectateurs et de vos clients courants. Pour ce faire, vous devez développer avec eux une relation qui s’apparente à celle entre des partenaires plutôt qu’un rapport producteur (je vends)-consommateurs (achetez !).  
  • Une fois cette loyauté acquise, vos adeptes sont plus aptes à vous soutenir au-delà de l’achat d’un produit, d’un billet ou d’un abonnement. Ils seront plus aptes à soutenir vos campagnes de financement, par exemple.
  • Vous devez vous démarquer pour attirer et méritter l’attention du public. En offrant d’abord un produit de qualité et en en faisant une promotion efficace auprès des personnes et des groupes les plus suceptibles de s’y intéresser (marketing ciblé). Pour ce faire, il faut aller au-delà du placement d’une publicité dans un journal et de la diffusion d’un communiqué ; il faut prendre contact directement avec votre clientèle cible et lui faire une offre qu’elle ne saura refuser.
  • Vous devez maintenir des rapports constants avec tous vos adeptes, nouveaux et anciens, pour qu’ils ne vous oublient pas et puissent vous amener de nouveaux clients.

Le développement de public a donc pour but d’accroître votre clientèle, de la fidéliser et d’augmenter vos revenus autonomes. Pour y parvenir, il vous faut une stratégie bien établie à laquelle tous les membres de votre équipe et vos bénévoles adhèrent. 

Comme dans toutes choses, vous avez le choix de vous en remettre à la Providence pour assurer votre succès ou de mettre en place des stratégies qui vous permettront de lui donner un coup de main. 

Denis Bertrand

 

Entrefilet à propos d’un de nos clients

Le 20 mai 2011

C’est sous la bannière de 50 Carleton que je travaille depuis 2005 à la préparation des stratégies de développement de public de la compagnie de théâtre professionnelle de Sudbury, le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO). En dressant un bilan de sa saison 2010-2011, le TNO a révélé cette semaime qu’il avait maintenu un taux d’assistance moyen de 95 % au cours des quatre dernières années et que 80 % de la cinquantaine de représentations à l’affiche l’an dernier avaient été présentées à guichets fermés. De plus, 32 % des abonnés à la saison 2010-2011 étaient des nouveaux venus au TNO. Ces succès ont été atteints grâce à la détermination de la compagnie de s’investir pleinement dans le développement de public.       

Denis Bertrand

 

Quelques fondements du développement de public pour les arts

Le 20 mai 2011

J’ai choisi de devenir expert-conseil en développement de public pour les arts il y a plus de sept ans. Je me suis engagé dans cette voie parce que je suis un amant des arts et parce que le coeur me brise à chaque fois que j’assiste à une performance extraordinaire dans un lieu à demi vide. J’ai donc lu nombre d’études, d’articles et d’ouvrages voués à la question, chacun abordant la thématique à sa façon, et rencontré de nombreuses personnes actives dans le milieux des arts et de la culture au Canada, au Québec et aux États-Unis qui ont mis en place des pratiques exemplaires dans le domaine. Toutes ces connaissances acquises au fil des ans s’ajoutent aux miennes et c’est l’ensemble de ce savoir, constamment renouvelé avec mes recherches et mes expériences pratiques, que j’utilise lorsque je développe des stratégies ou que j’anime des ateliers ou des conférences sur le développement de public pour mes clients. 

À chaque fois que j’entreprends un nouveau projet, un certain nombre de questions reviennent constamment à la surface : est-ce que ça coûte cher ? Nous faisons déjà de la publicité et du marketing ; n’est-ce pas suffisant ? Nous n’avons pas les ressources nécessaires pour nous engager dans le développement de public. Etc. Il semble toujours y avoir plus d’obstacles à s’engager en développement de public que de raisons pour s’y investir. Voici donc quelques réponses à ces questions et perceptions : 

  • Que vous soyez satisfaits ou non avec le nombre de personnes qui achètent vos produits ou qui assistent à vos événements, vous avez intérêt à cultiver vos rapports avec votre public, simplement parce que les choses changent constamment. Les personnes présentes aujourd’hui seront peut-être absentes demain, souvent pour des raisons qui échappent à votre contrôle. L’accès à un large bassin de population ne garantit pas le renouvellement automatique de votre public. Les gens ont l’embarras du choix en matière de loisirs. Vous devez attirer leur attention et pour cela, il faut vous démarquer.       
  • Un diffuseur me disait récemment que le taux d’assistance moyen à ses spectacles s’élevait, depuis quelques années, à plus de 80 %. Il en était satisfait. Lorsque je lui ai demandé qui assistait aux spectacles, il n’en avait pas la moindre idée. Il rencontrait rarement son public. Dans de telles conditions, comment pouvait-il envisager d’augmenter sa moyenne ou de parer à une éventuelle diminution de ses assistances ?   
  • À moins qu’il manque à votre organisme ou à votre entreprise certains outils de base, le développment de public n’est pas une aventure coûteuse. Au pis aller, il faut revoir et augmenter l’efficacité de vos outils existants. Par contre, le développement de public exige du temps et une volonté ferme de s’y engager. Ce temps, vous l’investirez surtout dans l’établissement de rapports directs avec vos adptes courants et vos publics potentiels d’une saison à l’autre. 
  • Créer ces rapports ne peut être la responsabilité d’une seule personne. Tous les membres du personnel, membres du conseil d’administration et bénévoles doivent adhérer et contribuer à la mise en oeuvre des stratégies de développement de public.
  • Si vos stratégies de mise en marché visent surtout à vous simplifier la vie sans égard aux attentes de votre clientèle (on reprend souvent les mêmes approches, même si elles ne fonctionnent pas, parce qu’elles sont “faciles”), vous faites fausse route. Mettez-vous toujours à la place du public (après tout, vous êtes vous aussi des consommatrices et des consommateurs) : songez aux rapports que vous voudriez entretenir avec votre source de divertissement préférée (ex., votre éditeur ou votre lieu de diffusion favori), aux informations que vous voudriez recevoir pour mieux apprécier le produit ou l’événement qu’on vous propose, à l’accueil que vous aimeriez qu’on vous réserve lorsque vous téléphonez ou vous présentez quelque part. De telles réflexions vous aideront à déterminer ce que vous devez faire pour joindre votre public.    

J’aborderai dans ma prochaine chronique quelques-unes des raisons courantes qui devraient vous motiver à vous investir dans le développement de public, peu importe la taille de votre organisme ou de votre entreprise, vos succès courants ou la communauté que vous desservez.  Entre temps, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, de vos questions ou de vos propres expériences en développement de public. C’est en partageant nos connaissances qu’on trouve des solutions. Bon long week-end de la Reine ou des Patriotes !

Denis Bertrand