Archives de June, 2011

À propos de la participation aux arts comme outil de développement de public

Le 30 juin 2011

Quand vous plantez une graine une fois, vous obtenez une seule et unique récolte. Quand vous instruisez les gens, vous en obtenez cent.

Cette citation de Confucius s’applique parfaitement au sujet que j’aborde aujourd’hui, soit la participation du public aux arts et à la culture. Cette nouvelle tendance en matière de développement de public fait référence à la pratique des arts par le public (ex., faire du théâtre amateur, être membre d’une chorale, etc.) et à la participation du public à l’organisation ou au déroulement d’événements artistiques professionnels (ex., sélectionner des oeuvres qui feront partie d’une exposition ; j’y reviendrai). Cette approche est promue de plus en plus par les conseils des arts (ou les instances équivalentes) et des personnalités telles que le président de Culture Montréal, Simon Brault, et l’expert américain en développement de public pour les arts, Alan Brown. Ceux-ci affirment grosso modo que les gens qui pratiquent un art ou qui contribuent d’une façon quelconque à un événement artistique professionnel participent ainsi à la diffusion et à la promotion de l’importance des arts dans notre société. En retour, ces personnes sont plus aptes à soutenir les arts professionnels, ainsi que leur financement public. Eh bien, cette approche semble maintenant avoir une appellation plus précise : la culture participative. Celle-ci serait constituée de cinq composantes :  

  1. Une réduction des obstacles à la participation : le recours aux nouvelles technologies des communications permet d’établir une interaction entre praticiennes et praticiens, de même qu’entre les organismes et les entreprises professionnels et le public. Les obstacles peuvent aussi être de nature variée (ex., coûts, modalités de participation, transport, etc.). Il s’agit de les identifier et de les diminuer pour favoriser une participation maximale du public.     
  2. Le partage de créations et d’oeuvres : les médias sociaux permettent, entre autres, aux adeptes des arts de communiquer entre eux, de partager leurs trouvailles et leurs créations et même de travailler ensemble à la création d’oeuvres collectives originales. De tels projets peuvent être réalisés avec l’aide d’artistes professionnels.    
  3. Le mentorat : la formation et l’accompagnement de praticiennes et de praticiens amateurs par des artistes ou des organismes professionnels permettent à ces derniers d’accroître leur nombre de supporters fidèles.
  4. La valorisation de l’apport du public : un musée new yorkais a demandé au public de sélectionner en ligne les oeuvres qui devaient faire partie d’une nouvelle exposition. Les gens étaient invités aussi à justifier leurs choix. Les idées maîtresses issues de ces textes ont été ajoutées aux notes de l’exposition, permettant ainsi au musée de transmettre son point de vue et celui de ses conservateurs en herbe aux visiteurs.      
  5. Les personnes qui participent à un événement culturel participatif font partie d’une communauté : il faut favoriser des échanges entre les gens qui prennent part à une activité artistique ou culturel commune, de même qu’entre les participantes et les participants et le public qui y assiste. Cela doit d’abord se faire par des échanges directs (en personne) qui peuvent être soutenus ensuite par l’entremise des médias sociaux.

Pour en apprendre davantage à ce sujet, cliquez ici.

Je laisse le mot de la fin à notre ami Confucius :

J’entends et j’oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends.

Bon long week-end !

Denis Bertrand

 

Appréhensions confirmées

Le 29 juin 2011

Cette déclaration du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty (photo), confirme les appréhensions des organismes artistiques et culturels à l’égard du “nouveau” gouvernement en place à Ottawa. Avant même d’avoir pris connaissance de cette prise de position, un de mes clients m’a demandé d’établir des rapports entre la stratégie de développement de public sur laquelle nous travaillons et ses activités de prélèvement de fonds. L’un et l’autre vont effectivement de pair. En effet, le développement de public a pour but de créer des liens plus étroits entre les consommatrices et les consonmmateurs des arts et les organismes et les entreprises qui les desservent. Ce sont les gens qui apprécient et se reconnaissent dans le travail de ces organismes et de ces entreprises qui sont les plus aptes de les soutenir au-delà de l’achat d’un billet, d’un abonnement ou d’un produit culturel durable.

Denis Bertrand

 

La promotion bouche à oreille se fait aussi en ligne

Le 27 juin 2011

Le Conseil des arts de l’Australie (Australia Arts Council) vient de publier une étude qui porte sur l’impact des nouvelles technologies des communications sur la participation aux arts.  Elle révèle que les adeptes des arts se tournent d’abord vers l’Internet pour y obtenir des informations. Jusqu’à 50 % des participants à l’étude ont affirmé recevoir ces renseignements par l’entremise de courriels, des médias sociaux ou des messages textes. Les 18 à 24 ans se tournent vers les messages textes, Twitter et Facebook. Les amateurs des arts veulent aussi accéder à du contenu en ligne qui leur permettra de mieux apprécier ce qu’on leur propose : photos, clips vidéo et interactions avec les artistes. Pour en savoir plus sur cette étude, cliquez ici. Je remercie Diane Ragsdale d’avoir porté cette nouvelle à notre attention. 

Denis Bertrand

 

Mes lectures estivales

Le 24 juin 2011

Dans mon esprit, les célébrations de la St-Jean marquent le début véritable de l’été. Et comme le veut une certaine tradition, je m’empresse de partager avec vous ce que seront mes lectures estivales en rapport avec le développement de public pour les arts (entre deux polars et des récits de science-fiction) : 

  • Laurence Prud’homme, Aurélie Dubois-Prud’homme et Laurent Lapierre, Simon Brault : Prendre fait et cause pour la culture, Presses de l’Université du Québec, 2011.
  • Michelle Blanc, Les médias sociaux 101 – Le réseau mondial des beaux-frères et des belles-soeurs, Éditions Logiques, 2010.
  • Liana “Li” Evans, Social Media Marketing – Strategies for Engaging in Facebook, Twitter and Other Social Media, QUE Publishing, 2010.
  • Elizabeth Hill, Terry O’Sullivan et Catherine O’Sullivan, Creative Arts Marketing (Second Edition), Butterworth-Heinemann, 2003.
  • Heather Maitland, Marketing and Touring – A Practical Guide to Marketing an Event on Tour, Scottish Arts Council, 2004. 

Comme vous pouvez le constater, je ne suis pas qu’un simple blogueur sur le développement de public. Je suis toujours à l’affût de nouvelles approches pour alimenter mon travail auprès des organismes et des entreprises artistiques, qu’il s’agisse de développer des stratégies taillées sur mesure ou d’offrir des ateliers sur le développement de public. Si vous connaissez des ouvrages ou des études qui abordent le sujet et qui pourraient m’intéresser, n’hésitez pas à me faire part de vos recommandations. Je vous en serai reconnaissant.

Bonne St-Jean !

Denis Bertrand

 

Les 7 composantes d’une stratégie de développement de public efficace

Le 21 juin 2011

Une experte britannique en développement de public pour les arts, Heather Maitland (photo), affirme qu’il y a sept composantes à une stratégie de développement de public efficace :

  1. Le produit : il ne s’agit pas seulement de ce qui est présenté sur scène ou accroché à un  mur ou écrit entre deux couvertures. Lorsque le public se présente dans un lieu, il le considère comme une partie intégrante du produit que vous offrez. 
  2. Le prix : les gens associent la qualité d’un produit à son coût. Établissez vos prix en fonction de ce que le marché peut payer, puis offrez des rabais pour joindre un public élargi.
  3. Le lieu : déterminez si votre lieu de présentation est intimidant ou accueillant, surtout pour les nouveaux venus (demandez-leur ; ils vous le diront). Vérifiez aussi si les gens peuvent se procurer des billets ou acheter des produits facilement.      
  4. La promotion : vos stratégies et vos outils de communication joignent-ils efficacement les marchés que vous visez ? Tenez compte de tout ce que vous savez à propos de vos marchés afin d’ajuster le contenu et le ton de vos communications en conséquence.
  5. Les gens : bien des personnes sont intimidées par les lieux de diffusion des arts (salles de spectacles, galeries d’art, musées, etc.). Assurez-vous que vos employés en première ligne (ex., préposés à l’accueil, à la billetterie, réceptionnistes, etc.) soient conscients de leur rôle d’ambassadrices et d’ambassadeurs pour votre organisme ou votre entreprise auprès du public.  
  6. La participation : mettez-vous à la place du public et suivez les étapes que vous prescrivez pour prendre part à votre événement. Les informations offertes au public sont-elles claires ? Vos attentes à son égard sont-elles bien formulées ?    
  7. Preuve matérielle : bon nombre d’organismes ou d’entreprises artistiques n’offrent pas de produits durables ; ils offtrent plutôt une expérience artistique. Pour rassurer le public par rapport à la qualité de cette expérience, la façon que les organismes et les entreprises se présentent doit aussi être de qualité. Il en va ainsi pour vos outils de communication imprimés et en ligne, de l’apparence de votre lieu de diffusion et de l’efficacité de votre billetterie.       

Source: Heather Maitland, A Guide to Audience Development, The Arts Council of England, juin 2000. Je remercie ma collègue Lianne Pelletier pour ce tuyau. 

Denis Bertrand

 

Le test de l’ascenseur

Le 17 juin 2011

Vous êtes à la tête ou à l’emploi d’un organisme ou d’une entreprise artistique. Vous mettez les pieds dans un ascenseur dans lequel une autre personne se trouve déjà. Pour briser le silence, cette personne vous demande si vous travaillez dans l’édifice. Que ce soit le cas ou non, elle vous offre l’occasion de lui parler de votre travail. Seriez-vous en mesure de lui décrire succinctement et clairement ce que fait votre organisme ou votre entreprise avant qu’elle ne débarque sur son étage ? Bien sûr que oui, me direz-vous. Alors, faites-en le test et voyez combien de temps vous est nécessaire pour répondre à la question. Si vous constatez que vous ne parvenez pas à cerner ce que vous faites en moins d’une minute, il y aurait sans doute lieu pour vous et vos collègues de vous pencher sur le positionnement de votre organisme ou de votre entreprise. Un positionnement vous permet de vous “installer” dans l’esprit de votre public de façon claire et précise. Il décrit ce que vous faites, ce qui vous distingue de vos concurrents ou ce qui vous rend digne d’intérêt, en une phrase ou deux. Votre positionnement peut ensuite agir comme message d’introduction auprès de tous vos interlocuteurs. Il a aussi l’avantage de pouvoir rallier vos employés et vos bénévoles autour d’un message cohérent et commun.  

Denis Bertrand

 

De bonnes recommandations pour entreprendre des initiatives de développement de public

Le 16 juin 2011

Le site Web de la Fête de la culture contient de bonnes recommandations sur la façon de promouvoir des activités artistiques. À partager avec des personnes qui en sont peut-être à leurs premières expériences en la matière.    

Denis Bertrand

 

Étude californienne sur l’utilisation des médias sociaux par des organismes artistiques

Le 15 juin 2011

Theatre Bay Area est l’organisme de service du milieu théâtral de la région de San Francisco, en Californie (É.-U.). Il vient de publier une étude réalisée auprès de plus de 200 organismes artistiques pour mesurer leur emploi des médias sociaux. Parmi les principales conclusions de cette recherche, notons celles-ci :

  • Les organismes utilisent au moins trois médias sociaux, soit Facebook, Twitter et YouTube. Ils y téléchargent plus d’une soixantaine d’items par mois.
  • Facebook est l’outil de choix, suivi de Twitter.
  • Les pages Facebook qui sont mises à jour régulièrement recrutent un plus grand nombre d’amis.
  • Les comptes Twitter qui diffusent des messages originaux (qui ne sont pas une simple retransmission de textes publiés sur Facebook) sont aussi très populaires.
  • Les organismes culturels qui diffusent plus d’une vidéo par semaine sur YouTube peuvent compter sur un plus grand nombre de visionnements.  
  • Les organismes qui bloguent au moins deux fois par semaine ont plus de lecteurs que les autres. Par contre, il semble que les blogues ne génèrent pas autant d’interactions que les autres médias sociaux.

Cette étude, parmi d’autres, confirme que les médias sociaux sont efficaces lorsqu’on les utilisent souvent plutôt qu’occasionnellement.    

Denis Bertrand

 

Nouvelle étude canadienne sur l’impact des médias sociaux sur les arts

Le 14 juin 2011

Les Organismes publics de soutien aux arts du Canada (OPSAC), instance qui regroupe le Conseil des Arts du Canada, treize conseils des arts provinciaux ou territoriaux et leurs équivalents, viennent de publier une étude sur La transition vers le numérique et l’incidence des nouvelles technologies sur les arts. Selon celle-ci, les médias sociaux ont un impact à trois niveaux sur les arts :

  • Ils attirent le public vers les spectacles et les oeuvres d’art en jumelant l’art aux personnes intéressées ;
  • Ils founissent une plateforme pour la création artistique et les échanges entre des communautés d’intérêts ;
  • Ils offrent aux organismes des outils pour être à l’écoute du public et favoriser une sensibilisation aux arts.

Le recours aux médias sociaux permet aux organismes artistiques et aux artistes de joindre des publics niches intéressés aux arts. Ces médias ne permettent pas nécessairement de convertir les personnes qui ne s’y intéressent pas d’emblée.  

Je me rallie à ces observations. C’est pourquoi j’affirme toujours que les médias sociaux sont une composante du développement de public et que leur emploi ne constitue pas une fin en soi. D’autres activités doivent être entreprises pour séduire, captiver et conserver le public, tout en maximisant votre recours aux médias sociaux. Voilà pourquoi les organismes et les artistes ont besoin de stratégies intégrées de développement de public.   

Denis Bertrand

 

Récompensez vos supporters les plus fidèles

Le 10 juin 2011

Prenez le temps de remercier les gens qui appuient votre organisme depuis de nombreuses années en leur adressant des offres personnelles exclusives.

  • Première étape : jetez un coup d’oeil à votre liste d’abonnés ou de clients et repérez les personnes qui vous suivent depuis 10 ans et plus. Classez-les en blocs de cinq ou dix ans, selon l’âge de votre organisme ou de votre entreprise. 
  • Deuxième étape : selon votre niveau de familairité avec ces personnes, formulez des offres qui pourraient les intéresser (ex., remise d’un objet-souvenir conçu pour eux, un rabais quelconque, la chance de participer à une activité réservée aux supporters de longue date, etc.).
  • Troisième étape : adressez-leur une correspopndance personnalisée et invitez-les à se prévaloir de votre offfre. Procédez à des rappels, au besoin. N’hésitez pas à prendre le téléphone pour les joindre.
  • Quatrième étape : mesurez le taux de réponses à vos offres et le niveau de satisfaction des personnes visées. Recueillez des témoignanges que vous pourrez diffuser sur votre site Web et vos médias sociaux. Tirez des leçons de ces initiatives pour une prochaine occasion.       

Vos supporters vous en seront reconnaissants. Ils auront le sentiment d’appartenir à votre entourage, à votre “famille”. Ils parleront de votre générosité à leurs proches, ce qui constituera une promotion bouche à oreille qui vous sera profitable.

Denis Bertrand