Archives de November, 2011

Stratégies pour joindre des jeunes consommateurs d’art et de culture

young people in a lecture hall

Le 30 novembre 2011

Les adolescents et les jeunes adultes sont des publics que bien des organismes artistiques veulent joindre. Non seulement sont-ils convoités aujourd’hui, ils sont aussi les décideurs de demain. Les liens qu’ils tissent maintenant avec le milieu des arts et de la culture peuvent être déterminants à l’avenir. Un organisme artistique britannique nommé Contact s’est justement donné pour mandat d’offrrir des expériences artistiques et créatives aux jeunes. Voici les principes qui guident ses actions :

  • Contact développe des activités destinées aux jeunes qui ont aussi pour but de stimuler des échanges entre eux, à la fois à titre de participants et d’artistes.
  • Les jeunes sont intégrés dans le fonctionnement de l’organisme. Ils siègent à son conseil d’adnminiatration, occupent des postes de première ligne, ont accès au personnel de Contact, etc. Autrement dit, ils sont écoutés et exercent une infleunce sur le fonctionnement et la programmation de l’organisme. 
  • Contact a mis en place un programme de formation pour faciliter l’intégration de ses jeunes employés.
  • Oui, les jeunes peuvent être joints par l’entremise des médias sociaux, mais rien ne remplace les rencontres directes. Ainsi, Contact a créé un club de jeunes ambassadeurs dont les membres ont pour rôle de rencontrer d’autres jeunes dans la communauté. De plus, l’organisme va de l’avant avec des activités qui ont lieu dans des endroits où les jeunes se rassemblent naturellement. 
  • Le mot d’ordre chez Contact est le suivant : Pour et avec les jeunes.

Pour en savoir plus, cliquez ici. Sachez que l’approche préconsée par Contact auprès des jeunes peut être utilisée aussi par les organismes artistiques désireux de desservir les communautés culturelles. Mes remerciements à Shoshana Fanizza pour ce tuyau.

Denis J. Bertrand

 

Les bandes-annonces sont-elles efficaces pour le théâtre et la danse ?

Le 29 novembre 2011

De plus en plus de compagnies de théâtre et de danse produisent des bandes-annonces vidéo pour promouvoir leurs spectacles à venir. Le recours à celles-ci est maintenant largement répandu en Amérique du Nord et ailleurs. Mais rapportent-elles les résultats escomptés ? Quatre responsables du marketing de compagnies britanniques ont partagé leurs avis à ce sujet. Voici ce qui émame de leurs propos : 

  • Les capsules vidéo sont des outils de mise en marché efficaces.
  • Elles permettent au public d’accéder au spectacle avant de se rendre en salle. 
  • Les capsules peuvent être rediffusées et partagées par l’entremise des médias sociaux. 
  • Elles peuvent aussi être archivées afin de renforcer l’image de marque des compagnies (c’est une bonne façon de suivre l’évolution de leurs productions, de témoigner de leur créativité et de leur engagement envers leur art, etc.).
  • Certaines compagnies diffusent des bandes-annonces de spectacles à venir avant les représentations de spectacles déjà en salle.
  • Pour être efficaces, les bandes-annonces doivent être accessibles, faciles à comprendre et contenir des informations pour convaincre le public d’assister au spectacle.
  • Les bandes-annonces sont préparées bien souvent pendant qu’un spectcale est encore en répétition ou même en développement. Il est recommandé de songer à la production d’une seconde capsule vidéo après la première du spectacle. Celle-ci devrait contenir des extraits d’une “vraie” représentation, une recension des critiques et des réactions du public. Cette deuxième capsule a pour but de joindre une autre part de marché qui n’aura pas été touchée par la bande-annonce originale.        

Denis J. Bertrand

 

À propos de la présentation d’arts de la scène au cinéma par rapport à l’expérience en direct

Le 28 novembre 2011

Vous êtes sans doute familiers avec la présentation d’opéras, de pièces de théâtre et de concerts, en direct ou en différé, sur les grands écrans des salles de cinéma. Le Metropolitan Opera de New York est un chef de file dans le domaine. L’émission Médium large, de la Première Chaîne de la SRC, a présenté vendredi dernier une discussion à ce sujet pour déterminer si cette forme de présentation avait un impact quelconque sur la consommation en direct de spectacles des arts de la scène. En voici quelques faits saillants : 

  • Il est possible qu’assister à un opéra sur grand écran constitue un incitatif à consommer le “vrai” produit. Par contre, il n’existe pas de données à l’heure actuelle sur l’impact des projections en salle de cinéma sur les présences en salle. 
  • Que ce soit au cinéma ou dans une salle de spectacle, les êtres humains sont des créatures grégaires. Ils sont à la recherche d’expériences collectives, d’occasions de socialisation.
  • Malgré l’avènement du cinéma maison, les gens n’ont pas arrêter de sortir. Les chiffres de ventes des organismes artistiques sont stables. Les gens sont toujours à la recherche d’expériences collectives. 
  • “Plus l’offre culturelle augmente, plus les gens ont le choix. Des statistiques récentes de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec démontrent que l’offre culturelle à Montréal augmente de 4 % par année, alors que le nombre de gens sensibles à la consommation des arts augmente de 1 % par année. Il y a un déficit entre l’offre et la demande.”
  • “L’enveloppe dont on dispose pour la culture, 20 $ par semaine, 100 $ ou 200 $ par mois, selon chaque personne, ne bouge pas beaucoup. Si l’offre augmente, on se cannibalise tous. On se bat tous pour le même 15 $.”
  • “Le consommateur sort. Il ne va pas à l’opéra, il sort. Il va sortir pour aller au cinéma, à l’opéra ou au théâtre ou acheter autre chose.” 

Pour ma part, j’ai vécu l’expérience de l’opéra au cinéma. J’ai beaucoup aimé. À tel point que lorsqu’une occasion s’est présentée d’assister à un opéra en direct, je m’y suis rendu. J’espère maintenant profiter d’un prochain séjour dans la métropole québécoise pour aller à l’Opéra de Montréal. Je crois que la présentation de spectacles des arts de la scène au cinéma est une bonne façon de découvrir de nouveaux artistes, une “nouvelle” discipline artistique ou un spectacle dans un environnement qui nous est familier. C’est à nous ensuite de nous déplacer vers les autres lieux de diffusion pour assister à une “vraie” prestation. 

En ce qui a trait au déficit entre l’offre et la demande, les organismes artistiques doivent se démarquer pour obtenir leur part des revenus disponibles des particuliers. Le recours à des stratégies de développement et de fidélisation de public s’impose dans ce contexte.

Denis J. Bertrand

 

Une journée dans la vie d’une danseuse professionnelle

Le 24 novembre 2011

Je suis d’avis que les artistes doivent s’investir dans le développement de public au même titre que les diffuseurs et les producteurs. En voici un excellent exemple : la danseuse professionnelle américaine Mariel Greenlee (photo) nous décrit une journée de travail typique. Elle nous fait pénétrer dans son univers et nous présente ce qui la motive quotidiennement à exercer son métier. Ne vous laissez pas intimider par la fait que ce “reportage” a été produit par un média. Avec les médias sociaux, les blogues et la technologie vidéo moderne, ce genre de “production” est à la portée de tous.    

Denis J. Bertrand

 

L’interculturalité

Le 24 novembre 2011

Je vous invite à découvrir cette section du site Web de Culture pour tous vouée à la médiation culturelle. Vous y trouverez d’excellentes idées pour jeter des ponts avec les communautés culturelles présentes chez vous.

Denis J. Bertrand

 

La qualité du service à la clientèle : une façon de se démarquer des concurrents

Le 22 novembre 2011

L’importance du service à la clientèle fait surface de nouveau dans les sphères du développement de public pour les arts (j’ai abordé cette thématique récemment). Mon collègue Chad M. Bauman (photo) identifie l’offre de services de qualité à la clientèle comme une façon pour les organismes artistiques de se démarquer de leurs concurrents. Il formule les recommandations suivantes à cet égard :

  • Il faut encourager les employés de première ligne à faire preuve de jugement et à passer outre occasionnellenent aux règles administratives pour accommoder les demandes des clients. Il ne faut pas traiter ces derniers comme de parfaits inconnus, mais plutôt comme des membres de votre famille.
  • Ces employés peuvent aussi être encouragés à faire preuve d’initiative sans nécessairement solliciter l’approbation constante de leurs patrons. Par exemple, si une personne indique qu’elle se procure des billets pour célébrer l’anniversaire de sa conjointe ou de son conjoint, la personne préposée à la billetterie peut acheter une boîte de chocolats ou des fleurs pour la conjointe ou le conjoint. Les chocolats ou les fleurs lui seront remis lorsqu’il ou lorsqu’elle se présentera au lieu de diffusion. 
  • Tout le monde peut gaffer. L’important est de réparer ses erreurs dès que possible. Donnez à vos employés de première ligne la marge de manoeuvre nécessaire pour trouver et mettre en oeuvre des solutions qui conviendront à vos clients.   

M. Bauman rappelle aussi l’importance de recruter en première ligne des personnes qui sont capables d’interagir avec le public et de lui faire preuve d’empathie.

Denis J. Bertrand

 

“De l’assistance à l’engagement” ou vice-versa

Le 21 novembre 2011

CAPACOA a publié la semaine dernière un texte fort intéressant sur l’évolution de la diffusion des arts de la scène en tenant compte de deux tendances dont j’ai déjà parlé sur ce blogue le printemps dernier, soit la participation (ou l’engagement) culturel et le décloisonnement des arts.  Je souscris aux conclusions de l’article et souhaite y ajouter quelques idées complémentaires :

  • Je crois que les diffuseurs de séries en général et les festivals en particulier peuvent créer des activités d’engagement, seuls ou en compagnie d’autres diffuseurs. Ils peuvent établir des rapports et des partenariats avec des groupes locaux ou des personnes qui s’intéressent aux disciplines présentées ou qui les pratiquent dans un cadre formel ou informel. Cela requiert du réseautage, donc du temps, mais il en va de la visibilité des festivals et des séries, ainsi que du maintien de l’intérêt du public entre deux éditions. L’organisation de concours artistiques, l’offre de formations avec des artistes établis, des occasions pour les praticiennes et les praticiens amateurs de démontrer leur savoir-faire lors de prochaines éditions sont quelques-unes des avenues que les diffuseurs de séries et les festivals peuvent explorer. Ce faisant, ceux-ci renforcent leurs liens auprès des communautés qu’ils desservent, ils demeurent présents à l’esprit du public entre deux éditions et ils jettent des ponts entre leurs programmations et les intérêts de gens qui se passionnent pour les arts.
  • Les organismes de diffusion doivent effectivement aller à la rencontre du public. Cela se fait d’abord par un contact direct, en personne, avec les public visés. Une fois ces rapports établis, ces publics seront enclin à devenir leurs “amis” sur les médias sociaux. Outre la création de ce contact, l’offre d’activités hors des lieux de diffusion traditionnels devrait aussi avoir pour but de ramener le public vers les salles de spectacles établies. 
  • Les artistes doivent contribuer eux aussi aux efforts des diffuseurs en se rendant disponibles pour des rencontres variées avec le public. Il en va de leur intérêt. Les tournées de spectacles et la vente de produits dérivés, tels que des CD, DVD, t-shirts, etc., sont devenus d’importantes sources de revenus pour les artistes. Quand les gens ont l’ocasion d’interagir avec les artistes hors de la scène et d’apprendre à les connaître, ils sont alors plus disposés à leur offrir leur soutien en se procurant des biens et à faire leur promotion auprès de leurs parents, amis et collègues.        

Voilà mon point de vue. Je vous invite à poursuivre ce dialogue en ajoutant un commentaire sur ce blogue.

Denis J. Bertrand

 

À propos des lieux de diffusion du 21e siècle

Le 18 novembre 2011

Voici une excellente réflexion sur l’évolution des lieux de diffusion du 21e siècle par rapport à ceux du 20e siècle. Alors qu’on construisait ces derniers principalement pour y accueillir le public, lui présenter un événement et lui offrir une consommation, les nouveaux lieux se prêtent davantage aux rassemblements, de même qu’à la création d’expériences artistiques et sociales. Les nouveaux lieux ne se contentent pas de vendre des billets. Ils se préoccuppent aussi des intérêts du public et offrent même aux personnes présentes des occasions de transmettre leurs impressions de l’événement par l’entremise des médias sociaux.

Denis J. Bertrand

 

Lecture et mise en marché de livres

Le 17 novembre 2011

Journée chargée aujourd’hui, mais je voulais partager deux articles avec vous liés, entre autres, aux livres.

  • Une discussion intéressante sur la mise en marché du livre. Les intervenants ne mentionnent pas toutes les avenues qui peuvent être explorées en la matière, mais leurs propos sont tout de même dignes d’intérêt. 
  • Des données sur la participation des enfants canadiens à des activités artistiques. Outre le fait que peu d’entre eux en pratique, il est alarmant de constater la perte d’intérêt des enfants pour la lecture au fur et à mesure qu’ils vieillissent. Vous pouvez accéder à un article sur le sujet en cliquant ici. C’est dans un tel contexte que l’engagement culturel prend de l’importance.        

Denis J. Bertrand

 

Connaissez-vous des blogueurs ou des blogueuses qui s’intéressent aux arts ?

Le 16 novembre 2011 – Mise à jour : le 17 novembre 2011 

Le président du Kennedy Center, Michael Kaiser, a exprimé des inquiétudes récemment à l’égard des blogueurs qui s’improvisent critiques des arts. Il s’interroge sur le jugement que des “amateurs” peuvent porter à l’égard d’oeuvres et de productions artistiques importantes par rapport aux critiques professionnels employés par les médias. Son point de vue est fort bien articulé et je sympathise avec lui. Par contre, on ne peut plus faire marche arrière. L’avènement des médias sociaux fait en sorte que les médias “traditionnels” ne sont plus les seules sources d’informations auxquelles le public a accès (ce blogue en est la preuve). Celui-ci a maintenant droit de parole et il est libre d’exprimer ses opinions sur Facebook et compagnie.

Le défi pour les organismes artistiques est de cultiver des rapports avec les blogueuses qui s’intéressent aux arts ou à leurs activités en particulier, au même titre qu’ils le font avec les journalistes professionnels. Par exemple, certaines compagnies de théâtre invitent les blogueurs à assister à leurs premières, au même titre que les chroniqueurs culturels. Elles leur donnent accès au même matériel promotionnel pour qu’ils puissent partager leurs impressions en ligne avec leurs lectrices et leurs lecteurs en toute connaissance de cause.

L’inclusion des blogueuses dans vos “stratégies de presse” comporte des avantages : 

  • Ces personnes partagent votre passion pour les arts ou pour votre discipline. Sinon, elles ne s’occuperaient pas d’un blogue.  
  • Il y a fort à parier qu’elles vous fréquentent régulièrement. Elles vous connaissent donc relativement bien. C’est à vous de vous assurer qu’elles soient encore plus familières avec vos produits ou votre programmation. 
  • Pendant que les jounalistes professionnels couvrent un grand nombre d’événements différents, les blogueurs ont tendance à se vouer à quelques sujets en particulier. Ils se “spécialisent”.   
  • Les blogueurs apportent des points de vue différents des critiques professionnels, sans doute plus représentantifs des avis de votre clientèle.
  • Les blogueuses vous permttent de joindre un public différent des médias. Elles exercent elles aussi une influence sur les personnes qui les suivent.

Donc, prenez le temps de découvrir s’il y a des gens qui écrivent à votre propos ou qui s’intéressent suffisamment à votre domaine pour animer un blogue sur la question. Prenez contact avec eux et établissez des rapports qui vous seront profitables mutuellement. Les blogueurs sont toujours à la recherche de sujets sur lesquels ils peuvent écrire ou se prononcer. Pourquoi ne parleraient-ils pas de vous ? 

Par ailleurs, une collègue blogueuse répond elle aussi à M. Kaiser.

Denis J. Bertrand