Archives de December, 2011

Suggestions de résolutions pour le Nouvel An

Le 21 décembre 2011

Je présume que vous avez complété vos achats de Noël à ce point-ci. Sinon, je vous encourage à offrir les arts en guise de cadeaux, en appuyant tout particulièrement les artistes, les organismes et les entreprises de votre localité (billets, chèques-cadeaux, livres, disques compacts, toiles, etc.).

Puisque le Nouvel An est souvent une occasion d’innover, je suggère les résolutions suivantes pour vous distinguer, tout en vous permettant d’apporter votre appui aux arts et à la culture dans votre milieu : 

  • Initiez au moins deux personnes à votre discipline artistique favorite. Achetez-leur une oeuvre de votre artiste-fétiche ou des billets pour assister à une performance en votre compagnie. Expliquez-leur pouquoi cette discipline, cet artiste ou cette oeuvre vous tient à coeur. 
  • Pratiquez votre discipline artistique favorite au cours de l’année. Vous pouvez l’entreprendre à la maison ou dans un lieu public (ex., un centre culturel) en compagnie d’autres fervents des arts. Faites-le pour le plaisir, mais aussi pour en apprendre davantage sur votre discipline. Partagez vos nouvelles connaissances avec votre entourage.  
  • Faites du bénévolat pour un organisme artistique dans votre communauté. Il y a en certainement quelques-uns qui ont besoin d’un coup de main de votre part.
  • Si des élections s’annoncent chez vous, peu importe le pallier, engagez-vous à appuyer les candidates et les candidats qui s’intéressent aux arts et à la culture.

Je vous invite donc à faire un geste supplémentaire au cours des douze prochains mois pour soutenir davantage les arts qui vous sont chers. Joyeuses fêtes !

P.-S. Ce blogue va faire relâche pendant une dizaine de jours. Je communiquerai à nouveau avec vous au début du mois de janvier.

 Denis J. Bertrand

 

À propos de la couverture des arts dans les médias

Le 20 décembre 2011

La cuisine devrait en principe supplanter la culture (dans les médias) dans deux ans.

Jean-François Dumas, Influence Communication. Source

J’entends souvent les organismes artistiques se plaindre du peu de visibilité ou de couverture qu’ils obtiennent auprès des médias. Un forum sur l’avenir des médias canadiens, tenu en février 2011, a noté le déclin des nouvelles locales. Dans un tel contexte, les entreprises et les organismes culturels n’ont d’autres choix que de prendre leur promotion médiatique en main. La production de capsules vidéo diffusées par l’entremise des médias sociaux, le recours à la baladodiffusion, la diffusion régulière de bulletins électroniques, la création et le maintin d’un blogue sont autant de moyens, parmi d’autres, de jouer aux journalistes et de retransmettre vos informations auprès de vos publics en particulier et de la population en générale. Cela ne veut pas dire que vous devez abandonner vos rapports avec les médias traditionnels, mais faites-le en sachant qu’ils travaillent eux aussi avec des ressources limitées et qu’ils ne peuvent répondre aux attentes de tous et chacun. 

Denis J. Bertrand

 

Deux citations qui portent à réflexion

Le 19 décembre 2011

Le Théâtre français, en tant qu’institution, n’est pas là pour développer un rapport mercantile avec le public. Le but n’est pas de convaincre qui que ce soit de venir au théâtre, mais plutôt de poser des questions insolubles et de chercher une multitude de réponses.

Wajdi Mouawad, directeur artistique, Théâtre français du Centre national des arts. Source.

Un spectacle, c’est un cadeau. Si le spectateur a de la misère à le déballer, on a un gros problème.

Normand Chouinard, comédien et metteur en scène. Source.     

Je me mêle rarement des questions artistiques lorsque je prépare une stratégie de développement de public pour un client. Je me fie au professionnalisme de ce dernier. Je suis d’avis aussi que tous les goûts sont dans la nature et qu’il y a un public pour tout, de plus pointu au plus accessible qui soit. Par contre, j’avoue que je me sens parfois “inconfortable” avec des propos comme ceux exprimés par M. Mouawad. Peut-être son approche est-elle tout à fait compréhensible du point de vue artistique. Mais la question se pose : pour qui fait-il du théâtre, alors ? Je me rallie davantage à M. Chouinard. À une époque où les gens ont l’embarras du choix pour dépenser leurs revenus personnels disponibles, il me semble qu’avoir une pensée généreuse pour le public constitue un bon investissement.      

Denis J. Bertrand

 

Pourquoi ne pas créer votre propre club d’adeptes ?

Le 15 décembre 2011

Des compagnies de théâtre américaines situées dans une même localité ont choisi de s’unir pour créer un club d’adeptes de théâtre (logo ci-haut). Les membres du club ont droit, entre autres, à des rabais, à des exclusivités et à des occasions de socialiser entre eux. Pour en savoir plus, cliquez ici. Je remercie ma collègue Shoshana Fanizza pour ce tuyau.

Denis J. Bertrand

 

Lorsqu’on partage notre passion pour les arts, on recrute des convertis

Le 13 décembre 2011

Je vous ai mentionné récemment que lorsque vous partagez activement votre passion pour les arts avec le public, vous pouvez créer un effet d’entraînement. En voici un excellent exemple : le nouveau directeur général de l’Opera Memphis, Ned Canty (photo), prend le temps de s’adresser à des clubs sociaux et à des écoliers pour les initier à l’opéra (cliquez ici pour en savoir plus). Il leur explique qu’il était jadis une personne qui détestait l’opéra et leur raconte le chemin qu’il a parcouru pour finalement devenir un amamt de cet art. Depuis son arrivée à la tête de sa compagnie, il a mis en place des programmes d’introduction à l’opéra et grâce à ses initiatives en milieu scolaire, ce sont maintenant des enfants enthousiastes qui introduisent leurs parents à cet art. Ned Canty raconte sa conversion à l’opéra dans cette capsule vidéo.

Denis J. Bertrand

 

Sortez des sentiers battus lorqu’il est temps de décrire votre spectacle ou votre produit

Le 12 décembre 2011

Les organismes artistiques ont tendance à décrire un spectacle à venir ou un produit en utilisant les mêmes expressions ou un vocabulaire récurrent d’une occasion à l’autre. Par exemple : “Notre nouveau spectacle aborde la thématique A dans une mise en scène novatrice de XYZ” ; ou “Une oeuvre d’une grande sensibilité (ou complexité) de la part d’un nouvel artiste (ou d’une artiste établie)”, etc. Jetez un coup d’oeil à vos communiqués et autres textes promotionnels et vous verrez si j’ai raison. À la longue, ces tournures de phrases n’émeuvent plus le public (ni les médias). Alors pourquoi ne pas adopter une approche plus originale et plus personnalisée afin de sortir des sentiers battus et capter l’intérêt du public ? Voici comment y parvenir :

  • En quelques phrases, décrivez ce qui distingue votre spectacle ou votre produit de l’ensemble de votre offre ou de votre programmation de saison, pourquoi le public devrait s’y intéresser et ce qui différencie votre projet de ceux offerts par vos concurrents. Répétez l’exercice pour chacun de vos événements et, surtout, évitez d’utiliser votre vocabulaire régulier !  
  • Misez sur la dimension humaine de la performance ou de l’oeuvre. Par exemple, quels défis particuliers les artistes ont-ils relevés pour présenter le spectacle ou mener l’oeuvre à terme ? En quoi le projet est-il révélateur des personnalités des personnes qui y participent ou qui le créent ? Comment cette oeuvre contribue-t-elle au rayonnement de votre organisme ou à votre raison d’être ? Quelles émotions ou quelles découvertes attendent le public qui assistera au spectacle ou se procurera l’oeuvre ? 

Lorsque je suggère de tels exercices à mes clients, je les invite à les faire en équipe. Ne confiez pas cette tâche à une seule personne ! Rassemblez vos collègues autour d’une table à l’heure du lunch ou pour un verre en fin d’après-midi et lancez la discussion. Vous travaillez en solitaire ? Alors invitez vos amis ou vos pairs. Vous verrez qu’il y a plus d’une façon de parler de votre produit.

Denis J. Bertrand

 

Je participerai à Contact ontarois 2012

Le 8 décembre 2011

C’est avec plaisir que je vous annonce que je serai présent à Contact ontarois 2012, le marché des arts de la scène organisé par Réseau Ontario. L’événement aura lieu du 11 au 14 janvier 2012, à Ottawa. Je participerai à une table-ronde qui aura pour thème Le développement de public, c’est l’affaire de tous !. De plus, j’animerai un atelier intitulé Les nouvelles technologies et la promotion des programmations artistiques, destiné aux diffuseurs spécialisés et pluridisciplinaires. Ces deux activités se dérouleront le jeudi 12 janvier. Je vous invite à venir m’y rencontrer !      

Denis J. Bertrand

 

Surmontez les différences entre vos publics et vous

Le 7 décembre 2011

J’ai été inspiré pour la rédaction de ce texte par une billet récent de l’experte américaine en prélèvement de fonds, Katya Andresen (photo). Celleci écrit régulièrement sur les défis associés à la gestion de campagnes de financement, tout en proposant des solutions pratiques et novatrices. Les approches qu’elle préconise s’apparentent beaucoup aux stratégies que j’emploie dans le domaine du développement de public pour les arts.  

Or donc, voici trois choses à garder en tête lorsque vous vous apprêtez à communiquer avec vos publics : 

  • Vous n’êtes pas vos publics : lorsque vous parlez de votre programmation, d’une production, d’un spectacle ou d’un produit culturel, de quelle façon vous exprimez-vous ? À qui vous adressez-vous ? Utilisez-vous le jargon du métier, des expressions et des tournures de phrases propres à votre milieu de travail ? Si oui, qui risque de vous comprendre : vos collègues, vos pairs ou le public ? Adaptez votre discours pour être compris du public. 
  • Vos publics n’ont pas accès à vos pensées : tout est clair dans votre tête. Vos choix vous semblent parfaitement logiques. Vous savez ce que vous faites et pourquoi. Mais qu’en est-il de vos publics s’ils n’ont pas accès à votre raisonnement ? Partagez vos connaissances et votre méthode de travail avec eux. Permettez à vos publics de se familiariser avec votre univers.    
  • Vos publics ont besoin d’être guidés : vous anticipez certaines réactions naturelles de vos publics et êtes déçus lorsque ceux-ci ne réagissent pas tel que prévu. Vos publics ne peuvent connaître vos attentes à leur égard à moins que vous les exprimiez clairement.          

Denis J. Bertrand

 

Le vieillissement des publics : la situation est-elle dramatique ?

Le 5 décembre 2011

De nombreuses études publiées au cours des dernières années en Amérique du Nord et en Europe démontrent que les publics consommateurs d’arts et de culture vieillissent (en voici un exemple, parmi d’autres). À première vue, le phénomène constitue un défi pour les organismes artistiques. Il indique que le plafonnement et le vieillissement courants des publics sont porteurs de diminutions éventuelles des assistances et que les organismes peinent à renouveler leurs auditoires avec de plus jeunes consommatrices et consommateurs.  

C’est ce qui explique l’intérêt grandissant des organismes artistiques pour le recrutement de plus jeunes adeptes des arts. Cette quête est justifiée. Elle constitue un bon investissement à moyen et à long termes.

Par contre, cela ne veut pas dire pour autant qu’on doit négliger les clientèles plus âgées. Une étude britannique démontre que les 50 à 70 ans sont plus susceptibles d’assister à un événement artistique que d’autres groupes d’âges. Ils ont l’intérêt, l’argent et le temps requis (pour en savoir plus, cliquez ici). Au Canada, les membres de la génération du baby-boom, âgés de 44 à 62 ans ces jours-ci, constituent 44 % de la population (14,5 millions de personnes) et contrôlent 77 % de la richesse du pays. Et leurs nombres augmentent. Ce n’est pas tout : les hommes vivent maintenant plus longtemps et le phénomène du vieillissement des publics s’étend aussi aux communautés culturelles.

Donc, les 50 à 70 ans demeurent une clientèle importante pour les organismes artistiques. Cela exige de leur part une sensibilité aux réalités de cette clientèle. Par exemple, l’accessibilité des lieux de diffusion est un enjeu pour les personnes âgées (exemple de solution : réservez un certain nombre de places faciles d’accès aux 65 ans et plus), de même que la solitude (autre exemple de solution : créez des “clubs” ou “groupes” d’adeptes aînés qui peuvent aider les personnes seules à poursuuivre leurs sorties culturelles).

Il faut entreprendre des intiatives pour joindre de nouveaux publics, sans pour autant négliger la clientèle qui vous est déjà fidèle ou qui est susceptible de s’intéresser d’emblée à ce que vous faites.

Denis J. Bertrand

 

Gazouiller ou ne pas gazouiller ? Telle est la question.

Le 1er décembre 2011 – Mise à jour : le 12 décembre 2011

Chaque fois que je donne des exemples d’organismes artistiques qui permettent à une partie de leur public d’utiliser les médias sociaux pendant une performance, j’entends des grognements chez mes interlocuteurs. Pourtant, il s’agit là d’une pratique de plus en plus courante. Je comprends les appréhensions des producteurs, des diffuseurs et des artistes. Ils craignent que cela nuise au déroulement d’un spectacle ou d’un événement, que ça puisse embêter d’autres spectateurs et participants, etc. Par contre, s’il y en a parmi vous qui seraient tentés d’en faire l’expérience afin de joindre de nouveaux publics, voici quelques recommandations qui pourraient vous être utiles : 

  • Jugez si votre salle ou votre lieu de diffusion peut accommoder un groupe de personnes “branchées”.  
  • Lancez d’abord un projet-pilote pour mesurer l’effet de ces communications sur le public et les artistes, de même que leur impact sur votre rayonnement. 
  • Créez un club de médiateurs sociaux que vous animez. Limitez le nombre d’adhésions et établissez certaines règles d’usage et de comportement pour les membres du club.     
  • Faites la promotion de votre club de médiateurs sociaux et recrutez vos membres. Demandez aux personnes intéressées pourquoi elles veulent s’y joindre (leurs objectifs devraient être compatibles avec les vôtres). Avisez-les qu’il s’agit d’un projet-pilote qui peut prendre fin à tout moment, selon votre volonté.  
  • Les membres du club devraient être assis ensemble lors des performances ou des activités.  
  • Informez les personnes sur scène de l’existence de votre club et indiquez-leur l’endroit où ses membres se trouvent. 
  • Procédez à une évaluation de votre projet-pilote à mi-parcours et à la fin de celui-ci, idéalement en compagnie des membres du club. Sollicitez les avis d’autres spectateurs ou participants, ainsi que des artistes. Déterminez si l’expérience a été profitable et mérite d’être prolongée ou renouvelée.

Ajout : le quotidien Le Devoir a abordé récemment la question des gazouillis dans les salles de spectacles.

Denis J. Bertrand