Archives de February, 2012

Après le plafonnement des auditoires, une augmentation ?

Le 15 février 2012 ; mise à jour : le 17 février 2012 

De nombreuses études entreprises ces dernières années par des autorités en la matière ont démontré que les publics consommateurs d’arts et de culture plafonnaient et vieillissaient, lorsqu’ils n’étaient pas carrément en diminution, au Canada, au Québec et aux États-Unis. Mais voilà que certains signes encourageants se pointent à l’horizon, indiquant un renversement de ces tendances.    

  • Dans sa chonique Parenthèse publiée dans l’édition du 1er novembre 2011 du magazine L’actualité, André Ducharme affirme que “partout dans les salles (au Québec), le public rajeunit (…) Ce mouvement de la jeunesse vers le théâtre résulte du patient travail de développement de public amorcé il y a quelque 10 ans.”
  • Hill Stratégies Recherche a dévoilé aujourd’hui de nouvelles statistiques sur la participation de la population canadienne aux activités artistiques, culturelles et patrimoniales. La firme parle de “record de participation” en 2010 ! Vous pouvez en apprendre plus ici.

Je me réjouis évidemment de tels résultats et souhaite que les tendances antérieures soient maintenant une chose du passé. Je salue les producteurs et les diffuseurs qui ont entrepris, avec succès, des initiatives de développement de public.  

Mais je me permets de demeurer quelque peu sceptique par rapport au renversement de situation annoncé, simplement parce que ces nouvelles données détonnent tellement avec tout ce qui a été dit et documenté jusqu’à présent (et dont j’ai fait état plus d’une fois sur ce blogue). D’autant plus que la recherche n’explique pas l’origine de ces hausses. Je vais attendre donc la parution de données sur la consommation des arts en 2011 et en 2012 avant de sabler le champagne.

Cela étant dit, poursuivez vos initiatives de développement de public. Elles semblent porter fruit !

Denis J. Bertrand

 

Une préoccupation partagée

Le 14 février 2012

Bonne St-Valentin !

Soulever l’intérêt d’un plus grand nombre de personnes pour les arts est une préoccupation partagée par l’ensemble des producteurs et des diffuseurs de l’Amérique du Nord, comme en témoigne ces trois textes :

  • Michel Bélair, du quotidien Le Devoir, écrit à propos de discussions qui ont eu lieu au Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU). Ainsi, parmi les préoccupations courantes des diffuseurs, il y a les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour rejoindre directement le public. “C’est la qualité du lien établi entre le diffuseur et le public qui définit d’abord le succès de l’opération”, dit-il.
  • À ce propos, Creative Trust donne l’exemple d’un festival américain qui a eu recours aux médias sociaux pour accroître l’intérêt du public à son égard. Les responsables de l’événement se sont dotés tout d’abord d’objectifs précis, ont identifié les publics qu’ils voulaient joindre, les ressources qu’ils pouvaient investir dans cet effort et les tactiques à employer sur les différents médias sociaux qu’ils comptaient utiliser.
  • Pendant ce temps, à Chicago, des organismes artistiques se questionnent sur les meilleures approches pour intéresser le public à leurs produits. Ils ont recours, entre autres, à des relations communautaires, à des collaborations avec des communautés culturelles et à des résidences d’artistes qui comprennent des occasions de discussion avec le public. Ce qui ressort des exemples énumérés dans cet article, c’est que les organismes mentionnés ont été proactifs. Ils sont allés à la rencontre des publics qu’ils visaient, plutôt qu’attendre que ces publics viennent à eux. 

Denis J. Bertrand

 

Un nouvel ouvrage sur le développement de public pour les arts

Le 10 février 2012

Ma collègue experte en développement de public pour les arts, Shoshana Fanoff Danizza (photo), vient de publier un livre électronique sur le sujet, intitulé The How of Audience Development for the Arts (vous devrez télécharger Adobe Digital Editions pour le lire). Je vous le recommande fortement. Shoshana et moi partageons une approche pratique commune en la matière.

Et si je m’attelais à la rédaction d’un livre en français sur le développement de public, est-ce que cela vous intéresserait ?

Denis J. Bertrand

 

Une mise à jour des données sur la participation de la population canadienne à des activités artistiques

Le 9 février 2012 – Mise à jour : le 10 février 2012

Hill Stratégies Recherche Inc. a publié récemment des données sur les publics canadiens consommateurs d’arts. Cette firme, basée à Hamilton (ON), produit régulièrement des rapports sur le sujet pour le compte du Conseil des Arts du Canada et des instances provinciales similaires. Hill Stratégies Recherche affirme notamment ce qui suit :

  • En 2010, 60,4 % de la population a assisté à un spectacle de théâtre, de musique populaire ou de musique classique comparativement à 41, 2 % en 2005.
  • En 2008, environ 13 millions de ménages canadiens ont dépensé jusqu’à 200,00 $ pour les arts de la scène.  
  • Parmi les principales sources de motiviation du public pour assister à des spectacles des arts de la scène, on note les occasions de socialisation, la recherche du plaisir, accéder à des sources d’inspiration, la quête d’un divertissement et la qualité des spectacles offerts.

Hill Stratégies Recherche formule aussi des recommandations aux organismes artistiques pour joindre un plus grand nombre de consommateurs, dont celles-ci :

  • Écoutez l’auditoire pour mieux comprendre ses motiviations à consommer (ou non) vos produits.
  • Adaptez vos stratégies de mise en marché en fonction de cette recherche.
  • Diffusez plus largement les informations relatives à vos spectacles par l’entremise de partenaires actifs dans le milieu des arts et de la culture.

Cette nouvelle présenation de données de Hill Stratégie Recherche constitue un bon survol de l’état de la participation de la population canadienne aux arts et offre des pistes de réflexion dont tous les organismes artistiques devraient tenir compte.

Pour de plus amples renseignements, cliquez ici.

Denis J. Bertrand

 

Réduire, geler ou augmenter le coût des frais d’entrée et des produits artistiques ?

Le 3 février 2012

Je sens que la question des coûts d’accès à des oeuvres et à des produits artistiques va se poser au cours des prochains mois, compte tenu des défis financiers que doivent relever tous les paliers de gouvernement, défis qui pourraient avoir un impact sur le financement public des arts. Je vous ai parlé hier des approches prises par deux organismes torontois. Je vous avais aussi présenté, il y a quelque temps déjà, une stratégie pour fixer le coût des billets d’une salle de spectacles. Eh bien, je suis tombé récemment sur une ressource produite par le Conseil des arts d’Angleterre qui porte justement sur des méthodes pratiques d’établir des prix. Vous pouvez y accéder en cliquant ici. Même si les budgets gouvernementaux n’ont pas encore été déposés, je vous encourage fortement d’entreprendre une réflexion sur le coût de vos billets et de vos produits dans le contexte actuel. Étudiez divers scénarios. Soyez prêts.  

Denis J. Bertrand

 

La diminution des frais d’entrée et des coûts des billets : une nouvelle tendance ?

Le 2 février 2012

Le Musée royal de l’Ontario a réduit récemment ses frais d’entrée de 37 % pour faciliter l’accès des familles à ses expositions et à ses activités et pour rajeunir son public (en visant les 15 à 25 ans, en particulier). Pour sa part, le Young People’s Theatre (YPT ; photo), de Toronto, a diminué le coût de ses billets de 40 % pour éliminer ainsi un obstacle à une participation accrue du public et pour diversifier son auditoire. Avant de procéder de la sorte, les deux instances se sont livrées à une évaluation de leurs rapports avec leurs publics et à une révision de leurs activités de mise en marché. Elles ont aussi pris le temps de consulter leurs clientèles. Résultats : le YPT rapporte une augmentation de ses recettes au guichet et le Musée semble attirer plus de gens. Quelles leçons faut-il tirer de ces expériences ? Je vous offre mon point de vue :

  • Définissez d’abord pourquoi vous voulez réduire vos frais d’entrée ou le coût de vos billets. Vos objectifs doivent être clairs, mesurables et atteignables.
  • Consultez vos publics avant d’agir. Assurez-vous que vos réductions auront l’influence souhaitée auprès des publics que vous visez.  
  • Ayez les reins suffisamment solides pour tenter l’expérience.
  • Développez votre stratégie de mise en marché ou de développement de public en conséquence. Vous devrez sans doute être un peu plus agressifs que vous ne l’êtes présentement.
  • Au pis-aller, présentez l’initiative comme un projet-pilote dont vous évaluerez les impacts au bout d’une certaine période de temps. Ce n’est pas une approche idéale, je le sais, mais elle vous offre une porte de sortie si les résultats ne sont pas concluants.   

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis J. Bertrand

 

Quelques suggestions à mettre en pratique la prochaine fois que vous solliciterez les avis de vos clients (spectateurs, lecteurs, visiteurs, etc.)

Le 1 février 2012

Plusieurs organismes artistiques sondent leurs publics pour connaître leurs opinions sur les programmations, les activités ou les produits qui leur sont offerts. Voici quelques suggestions de professionnels du milieu des arts dont vous pouvez tenir compte avant de vous adresser à nouveau à vos clients :

  • Demandez aux gens de décrire l’expérience qu’ils ont vécu à l’aide de questions ouvertes.
  • Sondez vos publics de diverses façons pour les accommoder. Faites appel à des sondages en ligne, à des conversations directes, aux médias sociaux, etc.
  • Identifiez les raisons pourquoi vous sollicitez les avis de vos clients et ce que vous entendez faire avec les commentaires et les suggestions que vous recevrez.   
  • Planifiez vos acitivités de consultation en même temps que vous abordez le déroulement de votre activité.
  • Mettez sur pied des groupes de discussion et embauchez des personnes expérimentées pour les animer.
  • Établissez des partenariats avec vos pairs afin de partager, entre autres, des données qui émanent de vos consultations respectives auprès de vos clients. 

Utilisez-vous d’autres approches lorsque vous sondez vos publics ?

Denis J. Bertrand