Archives de March, 2012

Les médias sociaux ont-ils une place dans les salles de spectacles ?

Le 30 mars 2012

Des blogueurs intéressés aux arts ont offert récemmenmt des points de vue différents sur l’intégration des médias sociaux à l’expérience artistique offerte dans les salles de spectacles.

  • Le journaliste Curt Hopkins ne croit pas que Twitter puisse contribuer à une hausse de l’assistance. Il est d’avis que si les organismes artistiques veulent joindre de jeunes consommateuras, ils doivent présenter des oeuvres intéressantes, cultiver leurs rapports avec cette clientèle et lui offrir des expériences qui l’émerveilleront. Vous pouvez lire son billet ici.
  • Le gestionnaire des arts Howard Sherman affirme que nous sommes au début de l’apprivoisement des médias sociaux et que nos rapports avec eux sont appelés à changer au fil du temps. Il est encore un peu tôt, selon lui, pour mesurer l’efficacité de leur présence dans les salles de spectacles. Pour l’instant, il recommande que les utilisateurs de médias sociaux puissent communiquer avec leurs amis et leurs abonnés avant le début ou après le spectacle, de même qu’à l’entracte. Son billet se trouve ici
  • Entre temps, les organismes artistiques continuent d’expérimenter avec les médias sociaux pendant des performances, comme l’Orchestre symphonique de San Francisco.        

Pour connaître mon point de vue sur cette question, cliquez ici.

Denis J. Bertrand

 

Avis aux organismes artistiques de la Ville de Québec : le retour possible des Nordiques pourrait constituer un défi pour vous

Le 29 mars 2012

Le quotidien torontois The Globe and Mail a publié récemment un article sur l’impact qu’a eu le retour d’une équipe de hockey professionnelle (les Jets) sur le milieu artistique de Winnipeg. Plusieurs organismes ont noté une diminution d’environ 10 % de l’assistance à leurs spectacles et à leurs activités depuis la rentrée au bercail du hockey de la Ligue nationale (LNH) dans la capitale manitobaine.       

Mais cuieursement, l’article note que les amateurs de rondelles et de patins sont aussi des adeptes des arts (j’ai déjà abordé cette question ici).

Qu’est-ce que tout cela signifie pour les organismes artistiques de Québec ? Eh bien, il serait indiqué que vous vous dotiez d’un plan de contingence (collectif ?) en prévision d’un retour possible des Nordiques d’ici un an ou deux (comme le laisse sous-entendre cette chronique). Il ne s’agit pas de se battre contre “l’inévitable”, mais d’entrevoir des collaborations possibles avec les responsables de l’amphithéâtre (photo) et la direction de la “nouvelle” équipe. Un échange de bons procédés, peut-être ?

Je remercie mon collègue Robert Gagné qui a porté cet article du Globe and Mail à mon attention.

  

Denis J. Bertrand

 

75 % des Canadiennes et des Canadiens ont assisté à au moins un spectacle des arts de la scène en 2011

Le 28 mars 2012

J’ai fait état récemment de données qui démontrent une hausse des taux d’assistance des arts de la scène (ici). Je doutais de ces résultats puisqu’ils étaient devancés, depuis plusieurs années, par des chiffres officiels (de sources gouvernementales) qui indiquaient plutôt un plafonnement ou une baisse des auditoires. Mais voilà qu’un nouveau sondage confirme la tendance à la hausse. Ce sont de bonnes nouvelles. Par contre, j’attends encore qu’on m’explique comment ce virage s’est effectué, surtout dans un contexte économique incertain. Mais voilà peut-être la réponse. Les gens ont besoin de se changer les idées et les arts sont là pour ça. Eh bien, tant mieux !

Dans un tel contexte, le défi pour les organismes artistiques est de faire en sorte que ces spectatrices et ces spectateurs reviennent lors de la présentation d’une autre production ou de la prochaine édition d’un événement. 

Denis J. Bertrand

 

Comment donner corps à des personnages (fictifs) en ligne pour promouvoir une oeuvre

Le 27 mars 2012

Bonne Journée mondiale du théâtre à vous tous !

Je profite de l’occasion pour vous parler d’une initiative lancée par une compagnie de théâtre de Philadelphie qui promeut ses nouvelles productions de façon originale. Ainsi, les personnages qu’elle crée prennent d’abord vie publiquement en ligne, par l’entremise des médias sociaux. Ces sont les comédiennes et les comédiens appelés à les jouer sur scène qui les incarnent aussi en ligne. La compagnie dote ses personnages de comptes Facebook afin qu’ils interagissent ensemble et avec le public. Ces interactions, étendues sur quelques mois, se conforment à un scénario établie par la compagnie. En plus de joindre de jeunes adeptes de théâtre “branchés”, l’approche permet au public d’en découvrir un peu plus sur les antécédents des personnages qu’il est invité à rencontrer par la suite, en bonne et due forme, sur scène. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Denis J. Bertrand

 

Recommandation de lecture : “Pour une musique classique qui vit avec son temps”

Le 26 mars 2012

Excellent article de la journaliste Caroline Rodgers dans le premier numéro du magazine Nouveau projet (photo) sur les défis contemporains que doit relever le monde de la musique classique pour joindre les deux bouts, y compris ses publics. Je dirais même que les arts classiques en général (théâtre, danse, opéra, etc.) sont confrontés à des défis similaires. Le chef d’orchestre Jean-Philippe Tremblay y affirme ce qui suit :

Il ne faut pas avoir peur de sortir de la salle de concert pour aller rejoindre les gens dans différents endroits et différents contextes.

En guise d’exemple, M. Tremblay mentionne que l’Orchestre de la Francophonie qu’il dirige a déjà présenté la Symphonie fantastique de Berlioz avec l’aide d’un DJ et de projections visuelles. Les spectateurs pouvaient même prendre un verre et se déplacer pendant le concert.

Le public que l’on a attiré n’était pas du tout celui que l’on voit d’habitude. Il était plus jeune et la qualité de l’écoute a été exceptionnelle.

Ainsi, avec un peu d’imagination et d’efforts, il est possible de joindre de nouveaux publics.

Denis J. Bertrand

 

Quatre organismes artistiques de la région de San Francisco s’investissent dans le développement de public et la participation culturelle

Le 13 mars 2012

Quatre organismes artistiques de la région de San Francisco (dont le Axis Dance Company, photo ci-jointe) ont profité d’octrois de la fondation américaine Wallace Foundation pour entreprendre de nouvelles activités de développement de public et de participation culturelle. Leurs démarches sont documentées dans cette capsule vidéo (en anglais). Vous y découvrirez les approches qu’ils ont adoptées pour connaître les intérêts de leurs publics et l’utilisation qu’ils ont fait des médias sociaux pour joindre et garder le contact avec ceux-ci. Cette vidéo sera d’un intérêt particulier aux diffuseurs et producteurs des arts de la scène, les musées et les galeries d’art, les festivals, ainsi que les organismes qui desservent ou qui veulent desservir les communautés culturelles.  Je remercie ma collègue Shoshana Fanizza pour ce tuyau.

Denis J. Bertrand

 

Quelques fondements du développement de public pour les arts

Le 13 mars 2012

L’expert américain en développement de public pour les arts, Matt Lehrman (photo), propose neuf éléments qui devraient être compris dans toute stratégie en la matière : 

  1. Identifiez les sujets qui préoccuppent votre communauté et voyez comment vous pouvez les aborder dans votre travail.
  2. Déterminez comment vous mesurerez votre succès.    
  3. Discutez de l’état du monde avec vos publics pour connaître leurs opinions sur les sujets de l’heure.
  4. Êtes-vous vraiment prêts à faire ce qu’il faut pour diversifier vos publics, engagement qui peut comprendre des changements aux produits que vous offrez normalement ?
  5. S’il y a des gens qui consomment vos produits aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont été initiés aux arts par leurs enseignants, leurs parents, des intervenants culturels communautaires, etc. Êtes-vous en mesure de rendre la pareille à vos “partenaires” ?
  6. Êtes-vous présents dans votre communauté ? Êtes-vous au courant de ce qui s’y passe ? Participez-vous à des activités communautaires ? Collaborez-vous avec d’autres organismes à l’atteinte de leurs objectifs ?
  7. Le public moderne ne se contente (presque) plus d’être un simple spectateur ou consommateur. Quelles démarches entreprenez-vous pour renfocer son engagement envers les arts ?       
  8. Quelles occasions offrez-vous à votre public pour qu’il s’engage davantage envers vous ?
  9. Vous investissez dans le recrutement de nouveaux consommateurs ou spectateurs, mais qu’en est-il de vos efforts pour les fidéliser ?

J’aborde ces thématiques dans les stratégies de développement de public que je produis pour mes clients. En sommes, il s’agit :

  • De procéder à une bonne analyse de l’environnement dans lequel vous évoluez. 
  • De discuter des rapports que vous entretenez ou que vous aimeriez entretenir avec vos publics.
  • D’évaluer le rayonnement dont vous jouissez dans votre communauté.
  • De garder le contact et d’offrir des raisons à vos publics acquis et à vos “nouvelles recrues” pour qu’ils consomment à nouveau de vos produits. 

Denis J. Bertrand

 

À propos de la fermeture du Vancouver Playhouse Theatre Company

Le 12 mars 2012

Le Vancouver Playhouse Theatre Company a fermé ses portes samedi soir dernier, incapable de surmonter un important déficit de fonctionnement (pour en savoir plus, cliquez ici). Quelque deux cents personnes, issues principalement du milieu artistique, se sont mobilisées pour dénoncer la situation (photo ci-haut gracieuseté du Vancouver Sun).

Qu’arriverait-il si vous vous retrouviez dans une situation similaire ? Pourriez-vous compter sur l’appui de vos publics, de votre clientèle ou du milieu artistique pour trouver des solutions à vos défis ? Des bailleurs de fonds publics pourraient-ils vous venir en aide ? Pourriez-vous compter sur des alliés au sein du secteur privé ou sur des partenaires communautaires ?

Je vous invite à vous poser ces questions. Vos réponses vous permettront de mesurer la qualité des rapports que vous entretenez (ou non) avec vos publics et vos partenaires, de même que le rayonnement dont vous jouissez (ou non) dans votre communauté. 

Si vos réponses sont négatives, il y aurait lieu pour vous d’entreprendre des activités de développement et de fidélisation des publics dès maintenant, peu importe votre situation courante. Il vaut mieux prévenir que guérir.

Je remercie ma collègue Lianne Pelletier pour cette réflexion.

Denis J. Bertrand

 

Vous voulez rajeunir votre public ? Faites appel aux médias sociaux !

Le 12 mars 2012

Le Royal Ballet de Londres permettra à six jeunes personnes qui n’ont jamais assisté à un ballet classique de partager leurs impressions d’un spectacle sur Twitter ou sur leurs blogues personnels. Cette initiative est destinée aux 18 à 26 ans. Les six jeunes gens choisis assisteront à une représentation de Roméo et Juliette (photo). Ils pourront visiter les coulisses du spectacle avant la représentation et seront autoriés à gazouiller avant et après la performance, de même qu’à l’entracte. Le Royal Ballet présentera certains gazoullis sur un écran pendant la pause. Les personnes intéressées à participer à ce projet doivent remplir un questionnaire afin de soumettre leurs candidatures. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Cette initiative du Royal Ballet a pour but évidemment d’intéresser un plus jeune public au ballet classique. Elle s’inscrit parfaitement dans deux tendances courantes en développement de public :

  • Le marketing pair à pair, soit le partage d’informations entre des personnes qui ont un même statut.
  • L’intégration des médias sociaux en temps réel en demandant au public de parler de l’expérience qu’on lui propose pendant qu’elle se déroule.  

Denis J. Bertrand

 

Les leçons de l’Opéra de Montréal

Le 8 mars 2012

Voici un article qui intéressera tous les organismes artistiques désireux de diversifier leurs publics. On y relate les démarches entreprises par l’Opéra de Montréal pour joindre de plus jeunes consommateurs, en recruter de nouveaux et en fidéliser d’autres. Ainsi : 

  • Pour joindre les 18 à 30 ans, l’Opéra offre des abonnements flexibles.
  • Il initie des coups publicitaires qui ont pour but de rapprocher l’opéra du public.
  • Il a établi des profils types de ses publics et personnaliser ses approches auprès d’eux.
  • Il est important pour l’Opéra de remettre de la valeur dans les poches de ses clients (au lieu de juste en soutirer les deniers qui y traînent). 
  • Il garde le contact avec ses publics entre deux campagnes publicitaires.
  • Ils transforment ses clients en ambassadeurs.
  • Enfin, il cible les PME en leur offrant une expérience unique qui a pour but de leur faire découvrir l’art de l’opéra.

J’aime bien ce que fait l’Opéra de Montréal. Je suis d’avis que c’est un des organismes les plus créatifs en matière de développement de public en Amérique du Nord. 

Denis J. Bertrand