Archives de April, 2012

Tensions entre les tenants d’une place pour les médias sociaux dans les activités artistiques et ceux qui s’y opposent

Le 30 avril 2012

Le quotidien torontois The Globe and Mail a publié un article récemment sur la place qui devrait occuper, ou non, les médias sociaux lors de la présentation de spectacles. C’est un débat auquel j’ai fait référence sur ce blogue à quelques reprises. L’article confirme que l’intégration des médias sociaux est une tendance populaire aux États-Unis auprès d’organismes artistiques désireux de rajeunir leurs auditoires. Cette tendance n’aurait pas encore franchi la frontière canadienne. La journaliste Kate Taylor s’interroge à savoir qui doit changer ses habitudes : les adeptes des médias sociaux ou les diffuseurs et les producteurs d’arts de la scène ? Ou y aurait-il un compromis ? Un artiste propose d’intégrer les médias sociaux à l’expérience artistique. Mais peu importe de quel côté vous vous trouvez dans ce débat, une chose est certaine : l’avenir sera interactif.

Je salue ma collègue Lianne Pelletier qui m’a refilé cet article.           

Denis J. Bertrand

 

C’est la saison des lancements et des campagnes d’abonnements (oui, les abonnements sont encore importants !)

Le 24 avril 2012

Plusieurs organismes artistiques profitent des mois d’avril et de mai pour dévoiler le contenu de leurs saisons 2012-2013. Cette époque marque aussi le lancement des nouvelles campagnes d’abonnements. Voici donc quelques observations utiles (j’espère !) à propos de l’un et l’autre.

  • Procédez à un lancement de saison en soirée plutôt qu’au cours de la journée. Vous joindrez plus de gens (abonnés, clients réguliers, etc.) après les heures de bureau qu’entre 9 h et 17 h. Au pis aller, tenez un événement de jour pour les médias, puis pour vos abonnés, vos partenaires et vos clients potentiels après le boulot.
  • Faites de votre lancement un événement social. Favorisez des échanges entre vos clients en leur offrant de quoi boire et manger avant ou après le dévoilement de votre programmation. Assurez-vous que les membres de votre conseil d’administration, vos employés et vos bénévoles clés prennent part à l’activité et interagissent avec vos invités.
  • Recueillez les réactions du public pour diffusion sur votre site Web et vos médias sociaux. Cela vous permettra d’accroître le rayonnement du lancement.
  • Vous pouvez aussi diffuser votre lancement en direct par l’entremise des médias sociaux ou l’enregistrer pour le rediffuser le lendemain ou les jours suivants sur votre site Web, votre blogue, vos médias sociaux, etc.
  • Contrairement à ce qu’on a pu vous raconter, les abonnements demeurent un outil de fidélisation important. Il n’y a pas lieu de les abandonner. Si vous avez eu de la difficulté à en vendre, il est possible que votre approche ait besoin d’être révisée. Par exemple, ciblez d’abord vos abonnés courants et vos anciens clients avant de vendre des abonnements à de nouveaux venus. Vos abonnés sont probablement des consommateurs d’autres produits culturels. Au lieu de leur offrir un rabais dont ils n’ont pas besoin chez vous, donnez-leur la chance de profiter d’exclusivités auprès d’autres organismes ou entreprises artistiques (ex., librairies, magasins de disques et de vidéo, autres diffuseurs ou producteurs, etc.) et auprès de restaurants ou de boutiques fines. La création de tels partenariats accroîtra votre rayonnement auprès de vos pairs et des gens d’affaires. Pour en savoir plus sur l’état courant des abonnements dans le milieu des arts, cliquez ici.

Avez-vous des recettes gagnantes à partager pour l’organisation d’un lancement réussi ou d’une campagne d’abonnements fructueuse ? Laissez un commentaire et je parlerai de vos idées dans un prochain billet. 

Denis J. Bertrand

 

“L’implication de l’auditoire ne peut être une mode passagère.”

Le 19 avril 2012

Le plus récent billet du président du Kennedy Centre for the Performing Arts, Michael Kaiser (photo), porte sur l’engouement courant du milieu des arts pour l’implication de l’auditoire (audience engagement), c’est-à-dire la création de programmes, d’activités et d’initiatives artistiques qui ont pour but d’augmenter et de favoriser la participation du public aux arts. Selon lui, tous les organismes artistiques à but non lucratif ont justement le mandat d’influencer et d’éduquer le public. Même s’il s’interroge sur les raisons de cet intérêt “renouvelé” pour l’implication de l’auditoire (ou la participation du public), il adresse les recommandations suivantes à ses pairs :

Les clés du succès d’une stratégie d’implication de l’auditoire sont la consistance et l’engagement.

Un événement unique n’engendre pas une implication soutenue du public. Un programme destiné à la jeunesse, une activité interactive, un concert avec un répertoire destiné à un jeune public ne vous garantissent pas la création d’un plus jeune auditoire permanent. Créer l’habitude de consommer les arts nécessite un effort soutenu pour joindre et dévelopepr des auditoires. 

Un tel effort ne peut être soutenu s’il n’y a pas un engagement ferme de mettre en oeuvre continuellement une stratégie d’implication.

L’implication de l’auditoire ne peut être une mode passagère. Elle doit être au coeur d’une stratégie à long terme en appui à la réalisation de notre mission.     

Je suis d’accord à cent pour cent avec les propos de M. Kaiser !

P.-S. L’expression “implication de l’auditoire” est utilisée par le Conseil des arts de l’Ontario.

Denis J. Bertrand

 

Augmentation de la consommation des arts : tendance confirmée ?

Le 19 avril 2012

Des données publiées récemment au Canada démontrent une augmentation des taux d’assistance aux arts. Je demeurais sceptique par rapport à ces résultats puisqu’ils contredisaient d’autres études récentes en la matière. Mais voici qu’une nouvelle recherche américaine confirme cette hausse de l’intérêt du public pour les arts, malgré les défis économiques auxquels est confrontée la société nord-américaine. Les temps difficiles sont-ils propices à la consommation des arts ? Les gens ont-ils besoin de plus de divertissement pour oublier leurs soucis quotidiens ? Peu importe ! Quand les nouvelles sont bonnes, il y a lieu de célébrer.

   

Denis J. Bertrand

 

Un printemps chargé

Le 5 avril 2012

Je parle rarement de ce qui m’occupe au-delà de la rédaction de ce blogue, mais quand les nouvelles sont bonnes, c’est agréable de les partager.

J’agirai à titre de conférencier à trois reprises au cours des deux prochains mois auprès :

Entre temps, je travaille avec Diane à la préparation de stratégies de développement et de fidélisation des publics pour des compagnies de théâtre et des diffuseus des arts de la scène de l’Ontario et du Québec.

Heureux d’un printemps qui m’chauffe la couenne ! (dixit Paul Piché)

Denis J. Bertrand

 

Faut-il niveler par le bas pour joindre un public élargi ?

Le 4 avril 2012

Je suis appelé souvent à corriger de fausses idées à l’égard du développement de public pour les arts, telles que :

  • “C’est dispendieux.” : non, pas vraiment. Le développement de public vous amène à investir plus de temps dans la création et le maintien de rapports directs et plus étroits avec le public. Il n’est pas nécessairement question de dépenser plus d’argent. Il s’agit plutôt de dépenser autrement.
  • “Nous en faisons déjà beaucoup pour joindre le public.” : je n’en doute pas. Par contre, les moyens que vous utilisez vous permettent-ils d’atteindre vos objectifs ? S’agit-il d’actions que vous répétez parce qu’elles vous arrangent, peu importe leur efficacité ? Vos réponses à ces questions détermineront s’il y a lieu de changer vos approches.  
  • “Le public ne s’intéresse pas à nous.” ou “Nous avons joint tout le public susceptible de s’intéresser à nous.” : et vous, vous intéressez-vous au public ? En tenez-vous compte dans vos réflexions ? Lui livrez-vous votre produit à froid en espérant qu’il l’accueille chaleureusement ? Il est toujours possible de recruter de nouveaux adeptes, en autant que la volonté y soit et que vous fassiez preuve d’ouverture à leur égard. 

  Puis, il y a l’argument suivant :

  • “Nous craignons que si nous nous investissons dans le développement de public, nous devrons modifier sensiblement ce que nous faisons pour plaire à un plus grand nombre de gens.” : il y a deux réponses à ce raisonnnement. Oui, il est possible que vous deviez apporter des changements à ce que vous faites si le public vous boude. Mais avant de déterminer la nature de ces “transformations”, il faudrait entreprendre une réflexion qui tient compte de vos aspirations artistiques et des attentes du public. Il existe des solutions qui vous permettront de poursuivre votre travail, tout en tenant compte des intérêts des consommateurs. D’autre part, il est probable que vous n’ayez rien à changer à votre produit. Mais il vous faut l’offrir aux publics appropriés, plutôt qu’aux masses. Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui s’intéresse à tout ce qui est disponible dans le monde des arts et de la culture (c’est sans doute votre cas, d’ailleurs). Identifiez les publics les plus susceptibles de s’intéresser à ce que vous faites et allez les chercher. Vous verrez que votre produit intéresse plus de gens que vous ne croyez.  

Et vous, quelles sont vos appréhensions ou réflexions à l’égard du développement de public pour les arts ? N’hésitez pas à m’en faire part et je vous répondrai (confidentiellement) par l’entremise d’un prochain billet.

Denis J. Bertrand