Archives de June, 2012

Seconde chronique pour “Le Magazine” de la Conférence canadienne des arts

Le 28 juin 2012

J’ai été très occupé ces derniers jours à rédiger une stratégie de développement de public pour un client, en compagnie de ma collègue Diane Chevrette, ce qui explique le peu de mises à jour récentes de mon blogue. Je reprendrai le collier sous peu. Entre temps, voici la seconde chronique que j’ai rédigée pour Le Magazine, le bulletin de la Conférence canadienne des arts. À bientôt ! 

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Denis J. Bertrand

 

Des billets gratuits pour le théâtre aux États-Unis

Le 25 juin 2012

Je ne suis pas nécessairement d’accord avec l’approche dont il est question dans ce billet, mais je vous en parle parce qu’il s’agit d’un “phénomène” intéressant.

Il semble qu’un grand nombre de compagnies de théâtre américaines à but non lucratif offrent systématiquement des billets gratuits afin de diversifier leurs publics, allant même jusqu’à créer une soirée nationale d’entrée gratuite. Résultats : une perte de revenus, mais une hausse des assistances (un plus grand nombre de représentations sont jouées à guichets fermés) ; les compagnies accueillent plus de spectateurs de moins de 30 ans, de personnes issues de communautés culturelles et d’individus dont les revenus annuels moyens s’élèvent à 25 000 $ ou moins. Les compagnies s’engagent dans cette voie pour les raisons suivantes :  

  • Éliminer des obstacles à la participation.
  • Accroître et diversifier les publics.

Comment cela fonctionne-t-il ? Les billets sont offerts gratuitement seulement deux heures avant le début de chaque représentation (donc, en fonction des places disponibles). De plus, un nombre limité de billets sont offerts à 15 $ l’unité pour les gens qui tiennent absolument à assister à une performance. D’autres sont invités à payer en fonction des moyens dont ils disposent (pay-as-you-can). Les administratreurs de ces théâtres disent que puisque aucune production ne recouvre ses frais, autant rendre le théâtre accessible à plus de gens. 

Pour ce qui est de la perte de revenus, ces compagnies tentent d’en récupérer une partie par l’entremise d’activités lucratives, de prélèvement de fonds ou de commandites. Pour en savoir plus, cliquez ici et ici.

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Denis J. Bertrand

 

Votre CA et la promotion de votre organisme ou de votre entreprise

Le 22 juin 2012

J’ai appris récemment que le président du Kennedy Center for the Performing Arts, Michael M. Kaiser, avait publié un second bouquin intitulé Leading Roles: 50 Questions Every Arts Board Should Ask (je vous ai parlé de son premier ouvrage ici). Ce nouveau volume (publié en 2010) s’adresse à la fois aux membres de conseils d’administration (CA) et aux gestionnaires d’organismes artistiques qui se questionnent sur leurs rôles respectifs et sur les relations qu’ils doivent entretenir. Il ne s’agit pas d’un outil pédagogique. Kaiser y partage plutôt le fruit de ses 30 ans d’expériences dans le monde des arts, à la fois à titre de bénévole et d’administrateur. Une section du livre porte sur le rôle du CA en matière de marketing. L’auteur y mentionne ce qui suit :

  • Le CA doit être mis au courant des stratégies de mise en marché employées par l’organisme, qu’il s’agisse de promouvoir un produit, une activité ou une saison. Ses commentaires peuvent être utiles aux employés. 
  • Les membres d’un CA peuvent participer à la mise en marché institutionnelle de leur organisme : celui-ci est mis à l’avant-plan afin d’accroître sa visibilité dans la communauté. Par exemple, le CA peut être l’hôte d’un événement annuel au cours duquel l’histoire, les contributions ou les réalisations de l’organisme sont célébrées ou d’une activité mondaine qui a pour but d’amasser des fonds pour l’organisation. La projection d’une image favorable de l’organisme dans la communauté peut avoir un impact positif sur ses ventes, ses campagnes de financement, le recrutement d’adhérents et de nouveaux membres au CA. Peu importe l’activité choisie, celle-ci doit être maintenue d’une saison à l’autre pour assurer le maintien de la notoriété de l’organisme.              
  • Les membres de CA peuvent intervenir auprès de groupes avec lesquels l’organisme veut tisser des liens. En leur présentant l’organisation sous son meilleur jour, ces nouveaux publics risquent d’être plus intéressés de s’y associer. (Kaiser affirme que si un organisme artistique veut diversifier son public, y compris le rajeunir, il doit d’abord déterminer si sa programmation ou son offre courante peut lui permettre d’atteindre un tel objectif. À son avis, tout changement doit d’abord se justifier artistiquement.)  

Outre le marketing, Kaiser aborde des sujets tels que la gouvernance, le financement, les relations entre le CA et le personnel, la planification, la gestion de crises et le rôle du CA vis-à-vis la programmation artistique. Vous y puiserez certainement des idées intéressantes.

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Denis J. Bertrand

 

Ma présentation au Forum de la francophonie canadienne 2012 est en ligne

Le 19 juin 2012

Je vous ai mentionné il y a quelques semaines passées que je participais au Forum de la francophonie canadienne 2012, les 28 et 29 mai dernier, à Québec. J’étais un des conférenciers invités à prendre la parole lors d’un atelier sur la circulation et la diffusion de la culture francophone dans l’univers du numérique. Le Secrétariat aux Affaires intergouvernementales canadiennes du Québec (SAICQ) vient tout juste d’afficher en ligne les présentations d’un bon nombre de panélistes, dont la mienne. Vous pouvez y accéder en cliquant ici. Je remercie le SAICQ de sa gentillesse. 

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Denis J. Bertrand

 

Le public et les organismes artistiques ne sont pas toujours sur la même longueur d’ondes

Le 18 juin 2012

Voici une anecdote amusante. Au mois de février dernier, l’Orchestre symphonique de Pittsburgh a lancé un concours en ligne, par l’entremise de YouTube, pour inviter le public à choisir une nouvelle ou une nouvel artiste qui pourrait se produire sur scène avec lui. L’initiative a connu des ratés. L’Orchestre espérait soumettre les candidatures d’une vingtaine d’artistes et en a présenté finalement huit. Puis, il s’est rendu compte que les gens votaient pour des raisons autres que des considérations artistiques, telles que leur désir de soutenir une ou un artiste qu’ils connaissaient personnellement, qu’ils considéraient particulièrement sympathique ou qui provenait de leur communauté. L’Orchestre a décidé de mettre fin à cette expérience. Pourtant, la réaction du public n’avait rien de surprenant : les gens consomment ou soutiennent les arts et la culture pour une variété de raisons. Leur familiarité avec les artistes, les producteurs ou les diffuseurs arrive sans doute en tête de liste. Cela ne veut pas dire que le public ne s’intéresse pas aux nouveaux venus. C’est tout simplement le devoir du producteur ou du diffuseur de faire en sorte que les amateurs aient l’occasion d’apprendre à connaître les artistes avant que ceux-ci effectuent leurs premiers pas sur scène. Pour en savoir plus sur l’initiative de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh, cliquez ici.

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Denis J. Bertrand

 

Soutenir les organismes artistiques qui développent des publics

Le 13 juin 2012

Les publics modernes veulent être plus que des bénéficiaires passifs de l’art que d’autres jugent bon pour eux.

Voilà un des constats de la conférence Building Audiences: Sustaining What Works qui a eu lieu en juin 2011, aux États-Unis, et dont le rapport est paru récemment.

En partant du thème Quelles sont les attentes du public envers les organismes artistiques ?, les délégués en sont venus à trois conclusions principales :

  • Apprendre à connaître les publics et développer des stratégies pour aller à leur rencontre.
  • Assurer la participation de toutes les composantes de l’organisme au développement de public.
  • La création d’une culture interne qui se prête à l’expérimentation et à l’apprentissage.

Le rapport mentionne des initiatives pratiques mises en place par certains organismes pour répondre à ces attentes.

Le document n’est pas très volumineux et se lit facilement. Je vous le recommande chaudement.

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Denis J. Bertrand

 

Fin d’un projet important sur le développement de public

Le 12 juin 2012

L’organisme de service aux arts torontois Creative Trust a complété récemment un projet (Audiences Project) d’une durée de trois ans portant sur le développement de public. Il en tire les grandes conclusions suivantes :   

  • La pertinence pour les organismes de diffusion des arts de la scène d’établir des rapports soutenus avec leurs publics.
  • Le recours grandissant aux médias sociaux.
  • L’utilité de la recherche pour accroître l’efficacité des activités de développement de public.
  • La possibilité d’accroître les assistances même en période de défis économiques.  

Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l’étude que Creative Trust a menée auprès de publics associés à des organismes artistiques locaux.  

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Denis J. Bertrand

 

Quand faut-il applaudir lors d’un concert de musique classique ?

Le 11 juin 2012

Il y a un débat intéressant en cours sur le Huffington Post Canada pour déterminer si les personnes qui assistent à un concert de musique classique peuvent manifester leur appréciation pour une oeuvre pendant qu’elle est jouée ou si elles doivent attendre une pause pour se faire. La question de fond, finalement, est de savoir si le décorum qui accompagne les concerts modernes facilite ou non l’intégration de nouveaux adeptes à la musique classique. Il y a des tenants pour une “actualisation” des règles et d’autres qui croient à la pertinence de les maintenir telles quelles. Même si je penche du côté du dépoussiérage, je suis d’avis que la réponse doit provenir de l’orchestre et de ses artistes et de leur volonté d’initier de nouveaux venus ou non à leur art. La nature de leur décision dictera quelles “règles” doivent être mises en place.

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Denis J. Bertrand

 

La promotion de votre marque est aussi une composante du développement de public

Le 6 juin 2012

Lorsqu’il est question de développement de public, on pense souvent aux approches requises pour promouvoir une saison, une activité ou un produit auprès des publics les plus susceptibles de s’y intéresser. Mais le développement de public comprend aussi la “mise en marché” de votre marque, c’est-à-dire, de votre organisme, de votre entreprise, de votre lieu de diffusion ou de vos talents et de vos expertises à titre d’artiste. Par exemple, le Festival de Jazz de Montréal est une marque. Les gens n’assistent pas autant à des spectcales en particulier qu’ils participent au Festival. L’événement est devenu un gage de qualité d’une édition à l’autre. Il peut en être de même pour vous.

Comment parvient-on à obtenir une telle reconnaissance ?

  • D’abord en vous livrant à une réflexion sur la place que vous occupez dans le milieu que vous desservez et dans lequel vous évoluez. Qu’est-ce qui vous distingue de vos pairs et de vos collaborateurs ? Qu’est-ce qui vous rend unique et digne d’intérêt ?    
  • Profitez d’occasions et de plateformes pour parler de la passion que vous éprouvez pour votre métier, la mission et les réalisations de votre organisme ou de votre entreprise, pour votre art, pour le milieu dans lequel vous travaillez. Vous pouvez le faire lors de présentations publiques ou en ayant recours aux médias sociaux. Songez aux personnes à qui vous vous adressez et employez les mots et les expressions qui feront vibrer leurs cordes sensibles.
  • Recrutez activement de nouveaux “amis” Facebook, de nouveaux contacts Twitter, etc. 
  • Établissez des partenariats avec des personnes, des organismes et des entreprises qui partagent vos intérêts.
  • Diffusez des informations privilégiées auprès de vos réseaux de contacts avant de les répandre dans les médias ou après de la population en général.     

Lorsque les gens se reconnaîtront dans ce qui vous anime et ce que vous faites, ils seront prêts à vous écouter et à vous suivre… passionnément.  

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Denis J. Bertrand

 

Recommandation de lecture : “La médiation culturelle – Le sens des mots et l’essence des pratiques”

Le 5 juin 2012

Je viens de compléter la lecture d’un nouvel ouvrage intitulé La médiation culturelle : Le sens des mots et l’essence des pratiques, publié par les Presses de l’Université du Québec. J’en recommande la lecture à toute personne ou à tout groupe qui s’intéresse au développement de public pour les arts, de même qu’à la participation culturelle (connue aussi sous les appellations “implication de l’auditoire” et “engagement dans les arts”). 

Selon l’ouvrage, le concept de la médiation culturelle remonte aux années 80 et est issu des pays anglo-saxons aux prises alors avec des défis économiques qui ont eu des répercussions sur la consommation des arts. Les auteurs (il s’agit d’un collectif) offfrent différentes définitions de ce qu’est la médiation culturelle, mais j’ai retenu la suivante :

À l’heure de l’individuation des pratiques culturelles et des identités, la médiation culturelle peut être un moyen de mise en commun des valeurs et des références culturelles et d’invention de nouvelles solidarités. (…) Elle permet de jeter des ponts entre l’art, la culture et la société en favorisant la participation à la vie culturelle et l’exploration des modes d’expression.      

Les auteurs parlent notamment de l’évolution de la médiation culturelle, du rôle des médiateurs culturels et offtrent une description détaillée de projets en la matière entrepris par une variété d’artistes et d’organismes artistiques (ma partie favorite du bouquin). 

Ainsi, si vous n’êtes pas totalement familiers avec le concept de la médiation culturelle, cet ouvrage constitue une bonne introduction au sujet. Bonne lecture ! 

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Denis J. Bertrand