Les défis de joindre les nouveaux arrivants

Le 4 septembre 2012

L’animateur de l’émission Dessine-moi un dimanche, Franco Nuovo (photo), a réagi dimanche dernier à un commentaire portant sur le théâtre comme outil d’intégration des nouveaux arrivants. Voici ce qu’il a dit :

J’entendais cette semaine Marie-Thérèse Fortin, que j’admire beaucoup par ailleurs pour le travail qu’elle a fait au Théâtre d’Aujourd’hui. (Elle rappellait) que le théâtre est d’abord et avant tout un outil d’intégration, par exemple, pour les nouveaux arrivants. Ça m’a fait sourciller un petit peu, parce qu’il ne faut pas être un nouvel arrivant pour penser au théâtre. Parce que quand un nouvel immigrant pose le pied sur une terre inconnue, il a d’autres préoccupations. Et c’est ça qui est dommage. Je prends mon propre exemple. Je ne suis jamais allé au théâtre avec ma mère et mon père. Ils avaient d’autres chats à fouetter : mettre du pain sur la table, du charbon dans la fournaise. C’est vrai que ce serait un outil d’intégration merveilleux. Il y a véritablement une intervention de l’État qui doit avoir lieu. Et cette intervention de l’État doit passer par l’école. C’est par la langue et l’intégration de la langue qu’on va se rendre jusque-là. Cela dit, on peut se poser la question même pour les jeunes Québécois, parce que quand je regarde les enfants chez-nous, je me dis qu’ils ne vont pas beaucoup au théâtre par année et peut-être justement qu’on devrait mettre un peu plus l’accent là-dessus et les sortir davantage. À ce moment-là, les enfants des nouveaux arrivants et les jeunes Québécois d’origine iraient davantage au théâtre.

Je suis d’accord avec M. Nuovo. Les gens qui viennent tout juste de s’établir au Québec ou au Canada doivent d’abord songer à leur survie. Cela ne veut pas dire qu’ils ne s’intéressent pas aux arts et à la culture. Il y a fort à parier qu’ils consomment des arts liés à leur culture d’origine en compagnie de membres de leurs communautés.

Si les institutions théâtrales traditionnelles veulent vraiment desservir une clientèle plus diversifiée, elles devront :

  • Engager un dialogue avec les communautés qu’elles veulent joindre, pour apprendre à mieux les connaître et apprivoiser leur culture (c’est un échange de bons procédés ; après tout, les théâtres leur demandent de consommer la leur).      
  • Être plus représentantives sur scène de la diversité de la population et plus accueillantes envers les artistes (auteurs, comédiens, etc.) issus de ces communautés (allez jeter un coup d’œil aux sites Web des principales compagnies de théâtre et dites-moi lesquelles tiennent compte de cette diversité). Par exemple, quand verrons-nous une adaptation d’une œuvre de Dany Laferrière au théâtre ? 

De plus, l’initiation aux arts par l’entremise du milieu scolaire est effectivement une composante importante du développement de public. Mais il ne suffit pas d’assister à une représentation pour croire que le jeune public est conquis. Il faut aussi engager une discussion avec lui, prendre note de ses impressions et répondre à ses questions. Les théâtres peuvent jouer un rôle déterminant à cet égard.

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Denis J. Bertrand

 

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