Archives de February, 2013

Artistes, voici des raisons pour faire appel aux médias sociaux

Le 28 février 2013

Je vous invite à découvrir cette excellente chronique du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches qui répond aux principales préoccupations des artistes qui hésitent toujours à s’investir dans les médias sociaux.   

Des organismes artistiques peuvernt s’inspirer des suggestions adressées aux artistes pour bonifier leur propre emploi de ces médias.

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Denis J. Bertrand

 

“Le modèle subventions-création-diffusion-médiation est appelé à disparaître.”

Le 27 février 2013

Je vous ai transmis hier un lien vers deux conférences présentées lors de la Bourse RIDEAU 2013, la semaine dernière, à Québec. La plus intéressante d’entre elles, à mon avis, avait pour titre Un public pour chaque œuvre : souhaitable, souhaité, possible? Un des intervenants, le spécialiste français des politiques culturelles, Jean-Gabriel Carasso (photo), a émis des commentaires qui renforcent le positionnement du Conseil des arts du Canada (CAC) à l’égard de l’engagement du public envers les arts, concept qui préoccupe les milieux artistiques professionnels québécois et canadiens ces jours-ci.  

En réponse à la problématique de l’abondance de l’offre (et des demandes de subventions) et de la chute d’une certaine demande dans le domaine des arts (notamment du côté des arts vivants), M. Carasso a offert les observations suivantes (je le paraphrase) :

Nous vivons une période de boulversements complets (économiques, technologiques). On veut garder le vieux modèle subventions⁄création⁄diffusion⁄médiation, mais celui-ci est épuisé. C’est un modèle qui est appelé à disparaître parce qu’il n’est plus viable.

Le nouveau modèle qui se dresse à l’horizon est celui de l’infusion culturelle. Il s’agit de mettre l’art quelque part et, comme le thé, de voir comment il infuse sur un territoire, sur une population donnée (impact de l’art sur la population, contributions de gens à la création, partage et partenariats). Ce qui fait du sens aujourd’hui, c’est d’être ensemble avec le public dans une démarche artistico-culturelle. 

Le vice-président du CAC, Simon Brault (photo), qui participait à la conférence, abondait dans ce sens. Je le paraphrase lui aussi :

Le système courant (subventions⁄création⁄diffusion⁄médiation) est-il en phase avec la société? Doit-il être repensé? Nous vivons à une époque où il n’y a jamais eu autant d’offres, de l’exquis au médiocre. C’est une période d’extrême sollicitation. Le défi est de faire des choix parmi ce que nous voulons et ne voulons pas. Plus la transaction est difficile à conclure, plus on est éloigné, plus le prix du billet est cher, plus ce qu’on veut voir est caché d’une façon ou d’une autre, plus il est difficile d’exercer ces choix. 

Au Québec, la situation est différente selon où on se trouve. En région, la population est surtout blanche, avec une surreprésentation des baby-boomers aux références culturelles communes. Dans les centres urbains multiculturels, où on trouve moins de baby-boomers, il n’y a plus la même référence culturelle sur le territoire.

Nous sommes moins à l’heure de la transaction culturelle (« Viens, consomme, dégage. ») et plus à l’aube d’un changement du système courant créé après la Deuxième Guerre Mondiale (et l’avènement du Conseil des arts du Canada). Le vieux système peut encore survivre pendant deux ou trois décennies, mais il est suffisamment en crise pour qu’on trouve de nouvelles pratiques.  

Je suis d’accord avec les points de vue exprimés par MM. Carasso et Brault. Ils ne sont pas les seuls à tenir un tel discours. Voyez les propos des experts américains Doug Borwick et Alan Brown.

Le marché des arts est hautement concurrentiel ces jours-ci. Les organismes artistiques qui tireront leur épingle du jeu seront ceux qui tisseront des liens plus étroits avec leurs publics et les communautés dans lesquelles ils opèrent.

Qu’en pensez-vous? MM. Carasso, Brault, Borwick et Brown ont-ils raison ou tort? Le modèle courant de prestation des arts est-il viable à long terme, compte tenu des nombreuses transformations en cours dans notre société (économie, technologies, démographie)? Quelle autre forme celui-ci pourrait-il prendre?

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Denid J. Bertrand

 

Unir ses forces pour joindre de nouveaux publics

Le 26 février 2013

Quatre compagnies de danse contemporaine de Chicago ont décidé d’unir leurs forces pour partager des ressources et joindre de nouveaux publics. Chacune des compagnies est gérée par une seule personne et leurs budgets respectifs ne dépassent pas 250 000 $.

Concrètement, elles ont choisi d’épurer et de fusionner leurs bases de données de clients. Elles mènent des sondages auprès de ceux-ci pour mieux les connaître, pour en apprendre davantage sur leurs préférences et pour les inciter à découvrir le travail de l’ensemble des compagnies. Ces dernières collaborent aussi avec d’autres institutions culturelles pour joindre de nouveaux publics. Enfin, elles offrent des performances communes de leurs œuvres. En somme, elles partagent des ressources tout en conservant leur créativité individuelle.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Denis J. Bertrand

 

Deux excellentes conférences de la Bourse RIDEAU 2013

Le 26 février 2013

La Bourse RIDEAU 2013 a mis en ligne deux conférences liées au développement de publics. La première est intitulée Un public pour chaque œuvre et la seconde, Les jeunes et la culture. Je vous invite à les découvrir en cliquant ici

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Denis J. Bertrand

 

Pour de nouveaux rapports entre les organismes artistiques et les municipalités

Le 21 février2013

Ma collègue Diane Chevrette et moi sommes de retour de notre bref séjour, plus tôt cette semaine, au marché francophone du spectacle, la Bourse Rideau. Nous en avons profité pour participer à quelques ateliers, faire des rencontres et promouvoir nos services d’experts-conseils en développement et en fidélisation des publics pour les arts. 

Un des ateliers auquel nous avons assisté avait pour titre Gouvernement et municipalités : aux arts, citoyens !  Il avait pour but de répondre à la question suivante : à qui revient la responsabilité d’assurer le développement culturel ? Les discussions ont porté plutôt sur les attentes des organismes artistques envers les municipalités et l’engagement de celles-ci envers les arts. Vous aurez compris qu’il a été question de financement.

Tous les panélistes, issus des milieux artistiques et municipaux québécois, ont fait preuve d’une très grande ouverture d’esprit, d’une compréhension des défis des uns et des autres et d’un engagement envers les arts. Mais il m’a semblé que chacun d’eux demeurait camper sur des positions traditionnelles : l’appui municipal envers les arts est essentiel et devrait augmenter ; oui, la culture se trouve au nombre d’une quizaine de responsabilités que les municipalités doivent assumer, mais celles-ci disposent de peu de moyens. Vous aurez entendu ces discours ailleurs. De plus, il appert que la volonté des municipalités de subventionner les arts repose sur les intérêts des élus. En effet, si ceux-ci sont des adeptes des arts, des fonds seront disponibles, sinon tant pis ! 

La partie la plus intéressante de ces discussions est survenue lorsqu’un élu a mentionné qu’au nombre des défis que doivent relever les municipalités, il y a ceux de la démographie et de la diversification des revenus (ça vous dit quelque chose ?). Démographie parce que la population vieillit et les villes ont besoin de sang neuf. Diversification des revenus pour augmenter l’assiète fiscale des villes en attirant de nouvelles entreprises, de nouveaux résidents, etc. Voilà deux défis partagés par les arts et les municipalités. Pourquoi ne pas travailler ensemble pour trouver des solutions ? Par exemple, quand verra-t-on des organismes artistiques s’avancer pour accompagner des délégations municipales chargées de convaincre des entreprises de s’établir chez elles ? Les organismes en question pourraient présenter leurs activités et parler de leurs contributions à la qualité de vie de la communauté. Après tout, les entrepreneurs et leurs employés ne travaillent pas 24 heures sur 24, 7 jours par semaine. Ils doivent se détendre et se divertir eux aussi.    

En passant d’une relation subventionneurs-subventionnés à celle de partenaires réunis autour d’enjeux communs, les oganismes artistiques et les municipalités parviendraient peut-être plus facilement à leurs fins respectives et partagées.  

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que je rêve en couleur ou de tels partenariats sont-ils possibles ou souhaitables ? 

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Denis J. Bertrand

 

Prenez soin des baby-boomers!

Le 15 février 2013

Formatrice, auteure, stratège et fondatrice de l’agence The Experience Business, la britannique Lisa Baxter recommande aux organismes artistiques de cultiver leur clientèle issue du baby-boom (au Canada, ce sont les personnes nées entre la fin des années 40 jusqu’à 1965).

Mme Baxter affirme dans un billet, en date du 13 janvier 2013, que les baby-boomers sont plus heureux, en santé, actifs, curieux et ouverts d’esprit que les générations précédentes. Les retraités parmi eux seraient aussi à la recherche de nouvelles expériences de vie afin de se redécouvrir après avoir élevé leurs enfants (lisez ce portrait des baby-boomers canadiens et québécois).     

Mme Baxter suggère aux organismes artistiques de surmonter leurs préjugés envers les personnes qui ont franchi le cap de la soixantaine et d’engager avec elles un dialogue constructif.

Allez-vous répondre à l’invitation de la stratège britannique? Cultivez-vous la clientèle des baby-boomers? Si oui, que faites-vous de particulier ?  

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Denis J. Bertrand

 

On gazouille de plus en plus au théâtre

Le 14 février 2013

Bonne St-Valentin à vous tous !

Des compagnies de théâtre et des lieux de diffusion américains ont de plus en plus recours aux adeptes de Twitter pour promouvoir leurs performances en direct. C’est le cas du Guthrie Theater de Minneapolis, du Providence Performing Arts Centre et du Flynn Center (Burlington, Vermont). Chacun d’eux a identifié une section dans sa salle pour y accueillir des médiateurs sociaux. Ces derniers ont droit à des billets à prix réduits ou à des sièges gratuits, à condition de parler du spectacle en cours. Leurs gazouillis sont réunis en ligne à l’aide de mots-clics (hashtag). 

Les objectifs poursuivis par ces organismes sont clairs :

  • Joindre les adeptes des médias sociaux et les amateurs d’arts qui y convergent.
  • Soulever l’intérêt du public en répandant la «bonne nouvelle» à propos de leurs productions et de leurs spectacles.        

Bien des lieux et des compagnies artistiques refusent d’adopter cette pratique. Ils sont d’avis que le public doit d’abord se concentrer sur ce qui se passe sur scène. Il est important de noter que les organismes qui font appel aux gazoullis en direct n’exigent pas que tous leurs spectateurs soient rivés à leurs tablettes ou à leurs téléphones intelligents. Seul un groupe restreint de personnes a ce privilège (pour l’instant).

Votre attitude envers les gazouillis dépendra de vos propres objectifs. Si vous avez besoin d’augmenter vos ventes et de rajeunir vos publics en particulier, le gazouillage bien encadré peut être un moyen d’y parvenir.

Tenterez-vous l’expérience ?

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Denis J. Bertrand

 

Des données pour alimenter vos stratégies de développement de publics

Le 13 février 2013

Le plus récent bulletin de Hill Stratégies Recherche Inc. contient des données intéressantes pour celles et ceux qui s’intéressent au développement de publics pour les arts. On y apprend ce qui suit : 

  • 83 % des Canadiennes et des Canadiens ont assisté à au moins un type de spectacle ou d’activité artistique en 2011.
  • Les gens fréquentent les arts pour une variété de raisons, notamment pour réfléchir, accéder à une source d’inspiration créative pour leur travail, pour se réunir avec des gens aux langues et aux traditions culturelles différentes, pour leur bien-être individuel ou collectif, pour faire partie de la collectivité locale.
  • Dans un contexte où le concept de l’engagement du public envers les arts alimente des discussions dans les milieux artistiques professionnels, 57 % des Canadiennes et des Canadiens ont pris part à au moins une activité artistique en 2011, à titre de participants actifs (ex., jouer au théâtre, chanter, danser, faire de la photo, écrire, etc.) ou de bénévoles.
  • Parmi les avantages recherchés par le public lorsqu’il assiste aux arts de la scène, on note le divertissement et le plaisir, la stimulation affective, spirituelle ou intellectuelle, apprendre ou vivre quelque chose de nouveau, s’exposer à d’autres cultures, rencontrer des amis et des gens.
  • Une étude américaine confirme que les gens assistent souvent aux activités culturelles avec leurs amis.      

Ces données, parmi d’autres, peuvent alimenter vos stratégies de développement de publcs :

  • Articulez vos messages auprès de vos publics cibles en tenant compte des motivations qui amènent les gens à consommer les arts.
  • Un peu plus d’une Canadienne ou d’un Canadien sur deux pratique un art. Ce sont des personnes qui devraient être réceptives à vos activités selon leurs intérêts. Songez au rôle que vous pouvez jouer pour accroître leur appréciation et leur familiarité avec votre discipline ou votre métier.
  • N’oubliez pas que la socialisation doit être une partie intégrante de l’expérience artistique que vous offrez au public. Favorisez des échanges entre vos cliens, de même qu’entre vos publics, vos artistes et vous.

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Denis J. Bertrand

 

Comment devrait-on parler des arts ? (suite)

Le 12 février 2013

J’ai déjà publié un billet qui portait ce titre, mais voici qu’une occasion se présente de le réutiliser. L’auteur, éditeur et travailleur culturel canadien Peter Hemminger suggère aux organismes artistiques d’employer des verbes qui soulèvent l’intérêt du public lorsqu’ils parlent des arts. Il leur recommande d’éviter les expressions «appuyer» et «soutenir» les arts, indicateurs à son avis d’une obligation ou d’un devoir. Parmi les verbes qu’il recommande, on trouve les suivants : 

  • Divertir
  • Créer
  • Discuter
  • Assister
  • Participer
  • Jouir ou profiter
  • S’engager
  • Regarder
  • Écouter
  • Connaître ou découvrir

M. Hemminger croit que ces verbes sont plus inclusifs et tiennent compte des attentes du public envers les arts. Qu’en pensez-vous ?

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Denis J. Bertrand

 

Engagement du public envers les arts: une notion qui ne date pas d’hier

Le 6 février 2013

Le concept de l’engagement du public envers les arts défraie les manchettes ces jours-ci et préoccupe le milieu artistique professionnel. Sa «nouveauté» et le manque de familiarité des artistes et des organismes artistiques avec cette notion sont en partie responsables pour leurs réactions. Mais l’engagement du public envers les arts est une idée qui circule dans le secteur artistique depuis quelques années déjà, comme en témoigne ce manuel britannique intitulé Not for the Likes of You – How to Reach a Broader Audience, paru en 2004 (le document est encore pertinent). On peut y lire ce qui suit :

  • Tout le monde peut être créatif. Le discernement artistique n’est pas l’apanage de quelques personnes. Vous pouvez encourager vos adeptes à participer à votre processus créatif en les écoutant, en leur donnant l’occasion de prendre des décisions créatives et en les aidant à créer leurs propres œuvres.
  • Vous devez vous doter d’une vision claire qui saura plaire à un auditoire élargi. Parlez-en souvent et à tout le monde.
  • Vous êtes non seulement ouverts aux nouvelles idées, vous les sollicitez activement.
  • Tous les membres de votre équipe interagissent avec votre public.
  • Créez des équipes multidisciplinaires internes, qui peuvent inclure des membres du public, pour réviser l’accès physique et intellectuel à votre lieu de diffusion, vos services à la clientèle, vos communications, vos projets artistiques et vos recherches auprès de vos clientèles. (Le document cite l’exemple d’un musée qui confie la programmation d’une de ses galeries au public.)
  • Il ne s’agit pas de programmer vos activités de la perspective du public ni d’abêtir votre travail. Offrir un produit qui soulève l’enthousisame et l’intérêt artistique des gens signifie que vous devez établir des rapports plus productifs et plus étroits avec vos adeptes et les membres de votre communauté plutôt que de leur servir simplement votre programmation «régulière».
  • Faites-vous remarquer. Soulevez l’intérêt. Ne craignez pas la controverse. Indiquez aux gens que votre produit leur plaira. Tissez des liens entre ce que vous faites et les connaissances ou les habitudes culturelles de vos interlocuteurs. Offrez-leur des occasions pour échanger entre eux et avec vous. Recrutez de nouveaux venus.

Oui, je le sais. Ce texte en fera sourciller quelques-uns. Mais l’engagement du public envers les arts est un concept suffisamment large pour vous permettre de créer vos propres pratiques en fonction des ressources dont vous disposez. L’ignorer complètement me paraît peu judicieux, dans un contetxe où le financement public des arts stagne (rien n’indique que cette situation va changer de sitôt) et le soutien du public devient encore plus important pour maintenir vos activités.

Cette citation, qui provient d’un blogue voué aux médias traditionnels, s’applique aussi au milieu artistique professionnel :

Notre industrie doit se débarrasser de ses épouvantails, de ses espoirs irréalistes et accepter sa situation, en tenant compte des défis économiques et des changements démographiques. Une fois que nous agirons ainsi, nous pourrons changer les règles du jeu et développer des stratégies gagnantes.

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Denis J. Bertrand