La directrice artistique du American Repertory Theater parmi les 100 personnalités les plus influentes dans le monde

Le 24 avril 2014

Le magazine américain Time vient de publier son édition des 100 personnalités les plus influentes dans le monde. On retrouve parmi celles-ci la directrice artistique du American Repertory Theater (ART), Diane Paulus (photo).

Elle est à la tête de cette compagnie depuis six ans. Elle l’a prise en main à une époque où le public et les donateurs boudaient l’ART, reconnue jusqu’alors pour ses pièces sérieuses et avant-gardistes.

Pour mieux comprendre les défis qu’elle devait relever, elle est allée à la rencontre du public au cours de la première année de son mandat. Ce faisant et en apportant des changements à la programmation de l’ART (elle a choisi une approche Broadway, avec quelques risques artistiques), elle a doublé l’assistance à ses spectacles. Je cite un paragraphe pertinent de cet article récent du Boston Magazine :

Elle a passé cette année en campagne électorale, se rendant là où on voulait bien l’accueillir, comme le Club des mères au foyer de Cambridge, l’Hôpital Mount Auburn et d’innombrables salons pour y parler de la compagnie. «De nombreuses personnes se sont présentées à moi, m’ont serré la main et m’ont dit “Nous sommes contents de vous rencontrer, mais nous ne pouvions plus endurer l’ART.” Je leur ai serré la main en retour et leur ai dit “Je vous comprends, ce sont des choses qui arrivent, mais revenez s.v.p.”» Pour obtenir ce résultat, Paulus a adressé la question suivante à plusieurs personnes : que voulez-vous ? «J’ai confiance en l’intelligence des gens, en leur curiosité pour des œuvres stimulantes qui les interpellent, qui les font réfléchir et les touchent», a-t-elle expliqué.

Bon, avant qu’on me lance une brique parce que je cite Mme Paulus en exemple, laissez-moi m’expliquer :

  • Je sais très bien que le milieu des arts américain est très différent de celui du Canada et du Québec. Aux États-Unis, le financement public des arts est pratiquement inexistant, ce qui signifie que les organismes et les artistes survivent principalement grâce aux revenus de billetterie, aux dons de particuliers, de fondations et d’entreprises, de même que d’initiatives commerciales. Cette quête de la rentabilité influence la programmation de bon nombre de producteurs et de diffuseurs. Au Québec et au Canada, l’apport plus important du secteur public, aussi insatisfisant puisse-t-il être, permet aux organismes artistiques de jouir d’une plus grande liberté artistique et de prendre plus de risques créatifs. Voilà !
  • Ce que je retiens des propos de Mme Paulus, c’est qu’elle n’a pas hésité à aller à la rencontre du public dans une variété de circonstances, qu’elle ait rencontré des clients décrocheurs et même des groupes aux mandats fort différents de l’ART, simplement pour parler de sa compagnie. Il est évident que ce contact direct, joint à la nouvelle orientation qu’elle a proposée à l’ART, a joué un rôle important dans le succès qu’elle a connu et connaît toujours. C’est la leçon que je retiens de son expérience. Et ce sont des démarches qui peuvent être entreprises par n’importe quel organisme artistique. À vous de juger ses autres décisions artistiques.

Qu’en dites-vous ?

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Denis J. Bertrand

 

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