Comment répondre aux défis liés au développement des publics au 21e siècle (1 de 2)

Le 14 janvier 2015

J’entreprends aujourd’hui la rédaction de deux billets successifs dans lesquels je vous parlerai de réflexions en cours dans le milieu des arts pour rendre ces derniers plus pertinents et plus accessibles à un plus grand nombre et à une plus grande diversité de gens en 2015 et au-delà. J’y mettrai aussi mon grain de sel.

Polly Carl (photo) est l’ancienne directrice artistique du Steppenwolf Theatre de Chicago. Elle dirige un centre de théâtre au Emerson College de Boston où elle s’intéresse à la pratique du théâtre au 21e siècle. Elle témoigne dans un billet récent d’une réflexion qu’elle a entreprise, il y a quelque temps déjà, avec son collègue David Dower, directeur des programmes artistiques du collège, sur l’accessibilité des arts en général et du théâtre en particulier.

Voici ce que j’en ai retenu:

  • Comment rendre le théâtre (ou d’autres disciplines) accessible à la fois aux artistes et au public?
  • Le théâtre s’adresse-t-il à une minorité d’amateurs (malgré les bonnes intentions des producteurs)?
  • Comment rendre les compagnies de théâtre et les lieux de diffusion plus inclusifs, plus accessibles?
  • Il faut d’abord définir les valeurs de la compagnie ou de l’organisation en affirmant, par exemple, que ses activités s’adressent à tous et en prenant des décisions en fonction de cette déclaration.
  • Cette notion « d’accessibilité » s’étend à la gérance des lieux (sont-ils accueillants? Êtes-vous accueillants? Qui y est bienvenue?), à la diversité sous toutes ses formes (dans l’équipe de gestion, sur scène et dans la salle), à la quête de l’excellence artistique et d’une conscience sociale (elles ne sont pas mutuellement exclusives), à une adhésion à part entière à la communauté, au quartier ou à la ville où on travaille, à un engagement à contribuer à cette communauté au-delà de l’offre de privilèges à quelques-uns et à tendre la main aux non-consommateurs.

Mme Carl aborde deux thématiques récurrentes dans les réflexions en cours:

  • Celle de la diversité des sociétés nord-américaine et occidentale composées de populations aux provenances et aux cultures variées. Les organismes artistiques monochromes et «monoculturels» qui desservent des artistes et des publics qui le sont tout autant ne peuvent s’attendre à ce que des membres d’autres communautés les fréquentent en grand nombre. Ces derniers doivent se reconnaître dans ces organisations et leurs activités ou ils les ignoreront. Gardez en tête que l’augmentation de la population canadienne passe, entre autres, par l’immigration.
  • Celle de l’engagement local, de l’appartenance manifeste des artistes et des organisations artistiques aux communautés dans lesquelles ils vivent et travaillent, au-delà des communautés artistiques auxquelles ils appartiennent. En ces temps de compressions budgétaires gouvernementales et de nécessité de diversifer les revenus et de rejoindre de nouvelles clientèles, la formulation de solutions doit d’abord se faire au niveau local. Ces solutions risquent d’être liées à la création de nouveaux partenariats, à l’établissement de nouveaux rapports et à la mise en œuvre de stratégies locales, plutôt que provinciales, territoriales ou nationales.

Ces deux thématiques peuvent être synonymes de changements importants au fonctionnement de plusieurs organismes artistiques, mais que voulez-vous? Il faut bien être de son temps.

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Denis J. Bertrand

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