Comment répondre aux défis liés au développement des publics au 21e siècle (2 de 2)

Le 19 janvier 2015

La compagnie de danse contemporaine Dancemakers, de Toronto, travaille à la mise sur pied d’un centre de création qui accueillera trois chorégraphes pendant trois ans, période pendant laquelle ces artistes pourront se consacrer entièrement à leur travail et y présenter leurs œuvres, tout en côtoyant leurs pairs. De plus, le centre offrira des activités qui auront pour but de familiariser davantage le public avec la danse par l’entremise de discussions avec les artistes, de formations, d’avant-premières et d’événements «portes ouvertes». Selon une des responsables de cette initiative, Emi Forster :

Lorsque vous jetez de la lumière sur le processus créatif, vous permettez au public d’acquérir un vocabulaire qu’il peut utiliser pour s’exprimer et mieux comprendre ce qu’on lui propose. En accueillant les gens au cours du processus et dans notre lieu, nous démystifions la danse.

L’approche préconisée par Dancemakers n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit plutôt dans une tendance déjà présente en Europe et qui fait son petit bonhomme de chemin ici, soit rendre les arts plus accessibles en éliminant les obstacles qui nuisent à leur rayonnement auprès d’un plus grand nombre de gens.

Avec le plafonnement du financement public, les artistes et les organismes artistiques ne peuvent plus travailler dans une bulle. Ils ont besoin d’alliés, au-delà des bailleurs de fonds gouvernementaux. Ces nouveaux alliés se trouvent dans leur entourage, dans les communautés où ils sont installés et qu’ils desservent. Attention : je ne dis pas que les artistes doivent sacrifier leur intégrité pour plaire à tous et chacun. J’affirme plutôt qu’ils ont intérêt à ouvrir une fenêtre sur leur processus créatif afin d’y laisser rentrer le public, pour les raisons évoquées par Dancemakers. Les organismes artistiques peuvent en faire autant en parlant de leur fonctionnement, de leur évolution, de leurs réalisations et des défis qu’ils doivent surmonter.

Le 21e siècle appartiendra aux créateurs et aux organismes qui s’adapteront aux nouvelles réalités au lieu de les combattre, qui feront preuve d’ouverture au lieu de travailler en secret, qui initieront un dialogue soutenu avec le public au lieu de l’ignorer. Voici venu le temps d’expérimenter, d’essayer de nouvelles choses. Le public n’attend rien de moins de la part de gens créatifs. Vous ne savez pas où commencer? Consultez vos publics, parlez aux personnes qui ne vous fréquentent pas, échangez avec vos pairs, vos partenaires et vos collaborateurs. Ils auront des suggestions pour vous, c’est certain.

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Denis J. Bertrand

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