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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (4 de 4)

Le 16 décembre 2014

Pour accéder aux billets précédents sur ce sujet, cliquez sur les liens suivants:

Passons maintenant à quelques pratiques exemplaires internationales en création de rapports entre les jeunes et la culture:

  • Le MacPhail Center for Music, aux États-Unis, a créé un comité consultatif jeunesse composé de 12 adolescents âgés de 13 à 18 ans. Ils ont chacun un mandat d’un an. Ils ont pour mission de rejoindre les jeunes et de leur donner le goût de s’inscrire à des cours de musique au Centre. De plus, ils en évaluent les programmes, formulent des recommandations, participent à la conception du matériel promotionnel destiné à la clientèle qu’ils représentent et se penchent sur d’autres dossiers pertinents. Les jeunes intéressés à siéger au comité doivent soumettre leurs candidatures. Ils sont choisis par le personnel du Centre. Il n’est pas nécessaire que les jeunes candidats fréquentent les lieux. En retour, ils doivent partciper à une rencontre mensuelle du comité. Ils reçoivent un dédommagement de 15 $ par réunion.
  • Des jeunes associés au Bonnefantenmuseum, de Mastricht aux Pays-Bas, organise la marathon muséal M2LIVE destiné aux 12 à 25 ans. Ils participent à toutes les étapes de cet événement qui s’étend sur deux jours et qui comprend des performances de jeunes artistes, des fins de soirée dansantes, la projection de films réalisés par des étudiants, des visites guidées du musée et des classes de maîtres avec des artistes. Les jeunes en font la promotion bouche à oreille. Résultat : quelque 5 000 d’entre eux participent annuellement au M2LIVE.
  • L’Europe propose quelques programmes de recrutement et de fidélisation de jeunes clientèles pour les arts, tels que la Carte Jeunes Européenne, le Bono Cultural et la KulturPass. Ces initiatives s’adressent bien souvent à des clientèles qui vivent dans une certaine précarité financière. Les organismes culturels participants leur offrent des entrées gratuites ou à peu de frais. Les personnes qui adhèrent à ces programmes doivent bien souvent réserver leurs places à l’avance.

Alors, que doit-on retenir des pratiques exemplaires locales et internationales qui ont été présentées lors du Forum Jeunes et culture organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, le 3 décembre dernier ?

  • Tout organisme culturel qui veut rejoindre ou desservir les jeunes doit d’abord bien connaître cette clientèle.
  • Il a tout intérêt à consulter directement des représentantes et des représentants des groupes d’âge visés.
  • Il serait préférable pour lui d’impliquer des jeunes dans la conception, la promotion et de la livraison des activités qui leur sont destinées.

Quelles autres leçons retenez-vous de ces quatre derniers billets sur les jeunes et la culture ?

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Denis J. Bertrand

 

Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (3 de 4)

Le 15 décembre 2014

Désolé pour le délai de parution entre ce troisième billet voué au Forum Jeunes et culture de la région de Québec et celui qui l’a précédé.

L’identification de pratiques exemplaires en création de liens entre les jeunes et la culture était certainement un des aspects les plus intéressants du Forum. Les exemples choisis étaient à la fois locaux et internationaux. Allons-y d’abord avec les interventions locales :

  • La compagnie de théâtre Les Incomplètes propose des parcours artistiques destinés aux parents et aux petits enfants appelés Sentiers. Parents et enfants participent à des activités conjointes qui ont pour but de leur faire découvrir le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels et les arts médiatiques en compagnie d’artistes professionnels.
  • Le Théâtre du Gros Mécano développe ses créations pour les enfants à l’aide d’une démarche Modul’AIR. Il se rend dans des salles de classe pour y faire la lecture d’une œuvre en développement et recueillir les impressions des élèves. En incorporant les enfants à son processus créatif, la compagnie a l’occasion de mesurer l’accueil qui pourrait être réservé à ses spectacles.
  • La salle de spectacle L’Anglicane propose à des étudiants du secondaire de visiter les Coulisses de la culture en explorant ses installations, en assistant à des répétitions, à des tests de son, à des rencontres avec des artistes et à son lancement de saison.
  • Le Festif est un festival de musique et d’arts de la rue créé par et pour des 18-35 ans, quoique tout le monde y est bienvenue. Sa connaissance de sa clientèle, sa présence sur les médias sociaux et l’efficacité de sa promotion bouche à oreille ont permis à cet organisme, doté d’un budget de 500 000 $, de générer 1,2 $ million en retombées économiques pour sa région.

Prochain billet : des pratiques exemplaires internationales.

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Denis J. Bertrand

 

Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (2 de 4)

Le 5 décembre 2014

Accédez au billet précédent en cliquant ici.

Après les présentations de Pascale Picard et de Nicolas Jobin, c’était à mon tour de prendre la parole au Forum Jeunes et culture qui a eu lieu le 3 décembre dernier à Québec.

Je me suis rallié d’emblée aux propos de ces deux artistes, particulièrement à l’égard de la liberté de découverte et d’expérimentation qui doit être accordée aux jeunes pour qu’ils s’initient aux arts selon leurs intérêts et leurs préférences. Cela va à l’encontre évidemment du mode de fonctionnement des institutions auxquelles on impose bien souvent des apprentissages structurés. Il faut alors en revenir à la raison d’être de l’enseignement des arts : l’offre-t-on pour permettre aux élèves et aux étudiants de s’exprimer, de découvrir de nouvelles facettes de leur personnalité et ainsi contribuer à leur développement à titre de personnes à part entière ou pour meubler du temps dans un horaire quelconque ? Mais qu’en est-il alors de l’apprenrtissage des œuvres classiques et du développement d’une culture générale, m’a-t-on demandé ? J’ai d’abord répondu qu’imposer des œuvres qui intéressent peu les élèves risquent de les rebuter de la lecture ou de certaines disciplines artistiques. Après réflexion, je crois qu’il y a toujours de la place pour initier les jeunes à ces classiques, mais il faut leur expliquer pourquoi ceux-ci demeurent pertinents aujourd’hui (comme le fait le regretté Robin Williams dans cette scène du Cercle des poètes disparus).

J’ai mentionné ensuite certaines données portant sur la fréquentation des arts par les jeunes, tirées de l’étude sur la Diversité canadienne et la fréquentation des arts en 2010, et d’autres renseignements pertinents issus d’une étude sur la participation culturelle des jeunes Montréalais, produite par Culture Montréal. Il appert que les profils des jeunes consommatrices et des jeunes consommateurs des arts ressemblent beaucoup à ceux des adultes (formation postsecondaire, familles relativement bien nanties, plus de consommatrices que de consommateurs…).

Puis, j’ai parlé des caractéristiques de la Génération Y (les 18-35 ans), un sujet récurrent sur ce blogue, puisque le milieu artistique s’intéresse tout particulièrement à cette clientèle. C’est un groupe branché, organisé, économe, sociable, diversifié et mobile. Les générations qui le suivront le seront tout autant et même plus.

Outre offrir aux jeunes la liberté d’explorer, les institutions qui les desservent doivent :

  • Faciliter la participation des jeunes en éliminant les obstacles qui peuvent nuire à cet objectif.
  • Collaborer entre elles pour assurer aux jeunes un continuum de découverte et de formation.
  • Miser sur le développement personnel des jeunes plutôt que la transformation de ceux-ci en consommatrices et en consommateurs des arts (la consommation viendra d’elle-même).
  • Reconnaître et célébrer les succès des jeunes.

En guise de conclusion, j’ai souligné aux participantes et aux participants au Forum qu’il ne faut pas que de grandes initiatives pour intéresser les jeunes aux arts et à la culture. À titre de personnes intéressées à la question, elles peuvent profiter de rencontres et de contacts directs avec les jeunes, après les heures de bureau et pendant les fins de semaine, pour leur en parler. Chaque entretien peut faire une différence.

Prochain billet : quelques pratiques exemplaires en matière de participation des jeunes aux arts et à la culture.

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Denis J. Bertrand