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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (2 de 4)

Le 5 décembre 2014

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Après les présentations de Pascale Picard et de Nicolas Jobin, c’était à mon tour de prendre la parole au Forum Jeunes et culture qui a eu lieu le 3 décembre dernier à Québec.

Je me suis rallié d’emblée aux propos de ces deux artistes, particulièrement à l’égard de la liberté de découverte et d’expérimentation qui doit être accordée aux jeunes pour qu’ils s’initient aux arts selon leurs intérêts et leurs préférences. Cela va à l’encontre évidemment du mode de fonctionnement des institutions auxquelles on impose bien souvent des apprentissages structurés. Il faut alors en revenir à la raison d’être de l’enseignement des arts : l’offre-t-on pour permettre aux élèves et aux étudiants de s’exprimer, de découvrir de nouvelles facettes de leur personnalité et ainsi contribuer à leur développement à titre de personnes à part entière ou pour meubler du temps dans un horaire quelconque ? Mais qu’en est-il alors de l’apprenrtissage des œuvres classiques et du développement d’une culture générale, m’a-t-on demandé ? J’ai d’abord répondu qu’imposer des œuvres qui intéressent peu les élèves risquent de les rebuter de la lecture ou de certaines disciplines artistiques. Après réflexion, je crois qu’il y a toujours de la place pour initier les jeunes à ces classiques, mais il faut leur expliquer pourquoi ceux-ci demeurent pertinents aujourd’hui (comme le fait le regretté Robin Williams dans cette scène du Cercle des poètes disparus).

J’ai mentionné ensuite certaines données portant sur la fréquentation des arts par les jeunes, tirées de l’étude sur la Diversité canadienne et la fréquentation des arts en 2010, et d’autres renseignements pertinents issus d’une étude sur la participation culturelle des jeunes Montréalais, produite par Culture Montréal. Il appert que les profils des jeunes consommatrices et des jeunes consommateurs des arts ressemblent beaucoup à ceux des adultes (formation postsecondaire, familles relativement bien nanties, plus de consommatrices que de consommateurs…).

Puis, j’ai parlé des caractéristiques de la Génération Y (les 18-35 ans), un sujet récurrent sur ce blogue, puisque le milieu artistique s’intéresse tout particulièrement à cette clientèle. C’est un groupe branché, organisé, économe, sociable, diversifié et mobile. Les générations qui le suivront le seront tout autant et même plus.

Outre offrir aux jeunes la liberté d’explorer, les institutions qui les desservent doivent :

  • Faciliter la participation des jeunes en éliminant les obstacles qui peuvent nuire à cet objectif.
  • Collaborer entre elles pour assurer aux jeunes un continuum de découverte et de formation.
  • Miser sur le développement personnel des jeunes plutôt que la transformation de ceux-ci en consommatrices et en consommateurs des arts (la consommation viendra d’elle-même).
  • Reconnaître et célébrer les succès des jeunes.

En guise de conclusion, j’ai souligné aux participantes et aux participants au Forum qu’il ne faut pas que de grandes initiatives pour intéresser les jeunes aux arts et à la culture. À titre de personnes intéressées à la question, elles peuvent profiter de rencontres et de contacts directs avec les jeunes, après les heures de bureau et pendant les fins de semaine, pour leur en parler. Chaque entretien peut faire une différence.

Prochain billet : quelques pratiques exemplaires en matière de participation des jeunes aux arts et à la culture.

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Denis J. Bertrand